Les constructeurs automobiles chinois intensifient leur expansion en Europe, misant sur des prix compétitifs et une technologie de pointe pour pénétrer un marché traditionnellement dominé par les marques européennes et américaines, dans un contexte de transition mondiale vers les véhicules électriques (VE).

Cette offensive a ravivé les tensions commerciales entre Bruxelles et Pékin, notamment autour des droits de douane imposés par l'UE sur les VE fabriqués en Chine afin de protéger les producteurs européens.

Voici les constructeurs chinois qui ont développé leur empreinte en Europe.

BYD : BYD, premier vendeur mondial de VE, a représenté 2,2% du total des immatriculations de voitures - indicateur clé des ventes - au sein de l'Union européenne, de la Grande-Bretagne et de l'Association européenne de libre-échange entre janvier et avril, selon les données de l'Association des constructeurs européens d'automobiles.

L'entreprise, qui commercialise ses véhicules dans la majeure partie de l'Europe, ambitionne de produire localement l'intégralité de ses VE destinés au continent d'ici 2028, a déclaré la vice-présidente exécutive Stella Li à Reuters lors du salon IAA Mobility de Munich.

BYD a confirmé en mai être en discussions avec Stellantis et d'autres constructeurs européens pour reprendre des usines sous-utilisées dans la région.

CHERY :

Chery opère en Europe via sa marque éponyme et ses filiales Jaecoo, Jetour et Omoda. Le groupe a capté 2% des immatriculations totales en Europe sur la période janvier-avril.

La société détient une participation de 40% dans une coentreprise avec le constructeur espagnol EBRO pour fabriquer des véhicules sur un ancien site de Nissan à Barcelone.

Chery prévoit d'y lancer la production fin 2024 ou au premier trimestre 2025, a indiqué le président d'EBRO, Rafael Ruiz, en mai, ajoutant que l'objectif de production allant jusqu'à 30 000 véhicules cette année pourrait inclure des modèles Chery.

FAW : Hongqi, la marque de luxe de FAW, célèbre pour avoir été la marque préférée de Mao Zedong, est en pourparlers avec Stellantis pour assembler des véhicules dans l'une des usines espagnoles du propriétaire de Fiat et Jeep, ont déclaré en avril cinq sources proches du dossier.

L'entreprise prévoit de lancer plus d'une douzaine de modèles électriques et hybrides en Europe d'ici 2028.

GEELY :

Geely est solidement implanté en Europe via les constructeurs Lotus, Volvo Car, Polestar et LEVC. Il a lancé sa marque éponyme en Europe en 2025 et exploite les marques Lynk & Co et Zeekr sur plusieurs marchés européens. Il détient également 50% du constructeur Smart, l'autre moitié appartenant au groupe Mercedes-Benz.

Grâce à l'ensemble de ces marques, Geely est devenu le premier constructeur chinois en Europe, avec 2,5% des immatriculations totales sur le continent entre janvier et avril.

En mars, Volvo Cars a signé un protocole d'accord avec sa société soeur chinoise Geely Auto pour devenir l'importateur et le distributeur exclusif des VE Lynk & Co en Europe. Geely a également racheté une partie d'une usine Ford à Valence, selon une information rapportée en mai par la publication professionnelle espagnole La Tribuna de Automocion. Les constructeurs envisageraient également que Geely produise un modèle pour le compte de Ford.

SAIC :

SAIC Motor est le deuxième constructeur chinois en Europe, représentant 2,4% des immatriculations totales du continent en janvier-avril. Ces ventes proviennent de sa marque MG Motor ainsi que de Maxus.

L'entreprise prévoit d'implanter une usine automobile en Galice, dans le nord-ouest de l'Espagne, ce qui constituerait son premier site de production dans l'UE, a annoncé le gouvernement régional en juin.

Le président de la Galice, Alfonso Rueda, a déclaré que son administration avait accordé une priorité stratégique au projet, avec un investissement initial envisagé d'environ 200 millions d'euros (233 millions de dollars).

XPENG : La start-up de VE Xpeng est en discussion avec Volkswagen et d'autres constructeurs pour le rachat d'une usine en Europe, rapportait le Financial Times en mai. Volkswagen détient une participation dans Xpeng.

L'équipementier Magna a déclaré en septembre 2025 avoir été choisi par Xpeng pour assembler deux de ses modèles à Graz, en Autriche, pour le marché européen.

LEAPMOTOR :

Leapmotor et Stellantis prévoient de lancer une production commune en Europe, avec deux modèles qui seront assemblés en Espagne, approfondissant ainsi leur partenariat de la distribution vers la fabrication, a annoncé le constructeur franco-italien en mai.

Stellantis a acquis 21% de Leapmotor en 2023 et a créé LPMI, une coentreprise à vocation essentiellement commerciale par laquelle elle vend les VE de Leapmotor hors de Chine. Stellantis détient 51% de LPMI, contre 49% pour Leapmotor.

Les ventes de Leapmotor en Europe entre janvier et avril ont représenté 0,7% des immatriculations totales de la région.

(1 dollar = 0,8590 euro)