Les cours du pétrole ont clôturé en hausse de plus de 3 dollars mercredi, portés par une contraction inattendue des stocks d'essence et de produits distillés aux États-Unis, ainsi que par des informations faisant état de tirs contre au moins trois porte-conteneurs dans le détroit d'Ormuz, sur fond d'impasse dans les négociations de paix entre Washington et Téhéran. 

Le contrat à terme sur le baril de Brent a progressé de 3,43 dollars, soit 3,48%, pour s'établir à 101,91 dollars. Le West Texas Intermediate (WTI) a gagné 3,29 dollars, soit 3,67%, à 92,96 dollars. Les deux références mondiales avaient déjà grimpé d'environ 3% mardi.

Au plus haut de la séance, le brut américain affichait une progression supérieure à 4 dollars par baril. 

Selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), les stocks de brut ont augmenté tandis que les réserves d'essence et de distillés ont enregistré des baisses surprises au cours de la semaine achevée le 17 avril. [EIA/S]

Les stocks de brut ont progressé de 1,9 million de barils pour atteindre 465,7 millions, alors que les réserves d'essence ont chuté de 4,6 millions de barils à 228,4 millions, contre une baisse de seulement 1,5 million attendue par les analystes interrogés par Reuters.

Les stocks de produits distillés ont diminué de 3,4 millions de barils pour s'établir à 108,1 millions, dépassant les prévisions d'un repli de 2,5 millions de barils, d'après les données de l'EIA.

Au moins trois porte-conteneurs ont été la cible de tirs dans le détroit d'Ormuz mercredi. La marine des Gardiens de la révolution iranienne a saisi deux navires pour ce qu'elle a qualifié de "violations maritimes" avant de les transférer vers les côtes iraniennes, a rapporté l'agence de presse semi-officielle Tasnim.

L'Iran et les États-Unis ont imposé des restrictions aux navires empruntant ce détroit, par lequel transitaient environ 20% de l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel liquéfié avant le début du conflit fin février. 

Mardi, le président américain Donald Trump a déclaré qu'il prolongerait indéfiniment le cessez-le-feu avec l'Iran, quelques heures avant son expiration. Aucune des deux parties ne s'est présentée aux pourparlers de paix au Pakistan.

L'annonce du cessez-le-feu semble être unilatérale. Il n'est pas apparu clairement dans l'immédiat si l'Iran, ou Israël, allié des États-Unis, accepterait de prolonger la trêve entamée il y a deux semaines.

Le président du Parlement iranien et négociateur en chef, Mohammad Baqer Qalibaf, a déclaré mercredi qu'un cessez-le-feu complet n'avait de sens que s'il n'était pas violé par le blocus américain des ports iraniens.

M. Qalibaf a affirmé dans une publication sur X que la réouverture du détroit d'Ormuz était impossible face à une telle "violation flagrante du cessez-le-feu".

Par ailleurs, au moins quatre personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes au Sud-Liban mercredi, selon l'agence de presse officielle libanaise. Le Hezbollah a déclaré avoir lancé un drone d'attaque contre les forces israéliennes dans le sud, fragilisant la trêve entre le groupe soutenu par l'Iran et Israël.

LA RUSSIE DÉTOURNE UNE PARTIE DE SES FLUX

La Russie détournera vers d'autres routes, à compter du 1er mai, les livraisons de pétrole en provenance du Kazakhstan initialement destinées à l'Allemagne via l'oléoduc Droujba, a annoncé mercredi le vice-Premier ministre Alexandre Novak.

M. Novak a précisé que ce changement logistique était dû à des "possibilités techniques" et avait été convenu avec le Kazakhstan.

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré mercredi avoir prolongé de 30 jours l'allègement des sanctions sur le pétrole maritime russe, répondant ainsi aux demandes des pays les plus vulnérables aux pénuries résultant de la fermeture du détroit d'Ormuz.

L'Union européenne envisage d'imposer aux États membres la constitution de stocks de carburant pour l'aviation, avec une redistribution potentielle en fonction des besoins régionaux, a déclaré mercredi la responsable de la politique énergétique de l'UE à Reuters, alors que les craintes de pénurie s'intensifient.