Washington (awp/afp) - Les marchés financiers mondiaux ont été pris de court lundi par les menaces judiciaires contre la Réserve fédérale américaine (Fed) et son président, avant de finalement dépasser leurs craintes.

En Europe, Paris (-0,04%) et Milan (+0,03%) ont terminé à l'équilibre. Londres a grappillé 0,16%. A Zurich, le SMI a grignoté 0,04%.

La Bourse de Francfort a gagné 0,57% et l'indice vedette Dax a atteint un nouveau record en clôture, à 25.405,34 points.

A New York, l'indice élargi S&P 500 (+0,16%) et le Dow Jones (+0,17%) sont aussi parvenus à grappiller de nouveaux sommets, terminant respectivement à 6.977,27 points et 49.590,20 points. L'indice Nasdaq a avancé de 0,26%.

En début de séance, Wall Street "a ouvert en baisse, les menaces pesant sur l'indépendance de la Fed étant citées comme l'un des principaux facteurs de cette faiblesse", souligne Patrick O'Hare, de Briefing.com.

Le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a annoncé dimanche que l'institution était visée par une procédure du ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales à son encontre.

Cela s'inscrit, selon lui, dans le climat de pression exercé par Donald Trump sur l'institution, afin de la pousser à abaisser plus lourdement ses taux.

"Mais un soutien omniprésent en faveur de l'indépendance de la Fed a résonné tout au long de la journée et a contribué à redresser quelque peu le marché", remarque auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

Les anciens chefs de la banque centrale la plus puissance au monde ont dénoncé une instrumentalisation de la justice destinée à "saper l'indépendance" de l'institution.

Des parlementaires républicains ont aussi commencé à manifester publiquement leur désapprobation, alors que le parti présidentiel a jusqu'ici peu résisté aux initiatives de la Maison Blanche.

"L'histoire a prouvé que l'indépendance des banques centrales est primordiale", assure Art Hogan.

Dans ce contexte, le rendement de l'emprunt américain à dix ans se tendait à 4,19% vers 21H30 GMT contre 4,17% à la clôture vendredi.

Records de l'or et de l'argent

Ces incertitudes ont poussé les investisseurs "à se tourner vers les valeurs refuges traditionnelles" comme les métaux précieux, constate Fawad Razaqzada, de Forex.com.

Après avoir dépassé son plus haut historique dans la nuit, l'or a été propulsé lundi à un nouveau record, à plus de 4.630 dollars l'once. Vers 21H30 GMT, le métal jaune s'affichait en hausse de 1,88%.

L'argent a aussi franchi un sommet lundi, à plus de 85 dollars l'once, et continuait dans la foulée de grimper, de 6,31%.

En revanche, "la semaine ne commence pas bien pour l'image du (dollar), réputé pour sa fiabilité", observent les analystes de Monex USA.

Le Dollar index - qui compare le billet vert à un panier d'autres grandes monnaies - lâchait 0,24% à 98,89 points.

Alphabet dépasse les 4.000 USD de capitalisation

Alphabet (maison mère de Google) a gagné 1,00% à 331,86 dollars à New York, atteignant les 4.000 milliards de dollars de capitalisation boursière pour la première fois de son histoire, après avoir annoncé un partenariat pluriannuel avec Apple.

Google va fournir au fabricant de l'iPhone ses modèles d'intelligence artificielle (IA) générative Gemini pour améliorer ses fonctionnalités d'IA, notamment une version renouvelée de l'assistant vocal Siri.

La défense européenne dans le vert

Le secteur de la défense est en forme dans "un contexte géopolitique en ébullition marqué par des discussions sur d'éventuelles frappes militaires américaines contre l'Iran", relève Neil Wilson, de Saxo Markets.

Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait "prêt à aider" les manifestants "aspirant à la liberté".

Le président américain a par ailleurs réaffirmé dimanche que les Etats-Unis s'empareraient du Groenland "d'une manière ou d'une autre" car "si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le feront".

A Francfort, Renk a pris 3,18%, Hensoldt 0,77% et Thyssenkrupp 4,23%. A la Bourse de Paris, Thales a pris 1,58% et Dassault Aviation 2,07%. A Londres, BAE Systems a gagné 1,95%.

La finance américaine recule

Le secteur de la finance a terminé dans le rouge aux Etats-Unis, en raison de la volonté de Donald Trump de limiter à 10% les taux d'intérêts appliqués aux cartes de crédit.

La banque Capital One a perdu 6,41%, Citigroup 3,24% et American Express, 4,27%.

afp/rp