En ce début de semaine, les inquiétudes liées au Proche-Orient continuent de peser sur le moral des investisseurs. Le Dax et l'EuroStoxx50 s'affichaient en léger repli lundi vers la mi-journée, s'établissant respectivement à 22.270 et 5.504 points. Les doutes croissants quant à une issue rapide au conflit entre les États-Unis et l'Iran avaient déjà pesé sur les indices vendredi. "La guerre au Proche-Orient continue d'envoyer des signaux très contradictoires", souligne Andreas Lipkow, analyste en chef chez le courtier CMC Markets. "Bien que les États-Unis aient prolongé l'ultimatum adressé à l'Iran jusqu'au lundi de Pâques, les affrontements militaires et les menaces réciproques se poursuivent." Cette situation laisse une large place à la spéculation et à l'incertitude.

La morosité ambiante est principalement alimentée par les développements sur le marché de l'énergie. Le baril de Brent de la mer du Nord et le WTI américain ont poursuivi leur ascension, progressant chacun d'environ 2% pour atteindre 115,09 et 101,43 dollars le baril (159 litres). Ils se maintiennent ainsi à leurs plus hauts niveaux depuis près de quatre ans. En raison du conflit, le marché mondial est privé de quelque 11 millions de barils de pétrole par jour. La République islamique a largement bloqué le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, une voie navigable cruciale pour l'approvisionnement mondial en pétrole et en gaz naturel. En temps normal, environ un cinquième de l'offre mondiale de brut et de gaz naturel liquéfié transite par ce détroit.

LES ATTAQUES CONTRE LES FONDERIES DOPENT LE COURS DE L'ALUMINIUM

La flambée des prix de l'or noir induite par le conflit iranien se répercute déjà nettement sur les prix à la consommation, selon les premières données régionales allemandes. L'Office fédéral de la statistique doit publier dans l'après-midi une première estimation de l'inflation à l'échelle nationale. Les économistes interrogés par l'agence Reuters tablent sur un taux d'inflation de 2,7%, contre 1,9% en février, ce qui constituerait un sommet de plus de deux ans. Parallèlement, le climat des affaires dans la zone euro s'est dégradé, d'après les chiffres de la Commission européenne.

Les frappes iraniennes contre des fonderies d'aluminium au Proche-Orient font également grimper les cours du métal léger. Sur le London Metal Exchange (LME), l'aluminium s'est apprécié d'environ 3,5% lundi. Les grands producteurs Emirates Global Aluminium et Aluminium Bahrain ont annoncé ce week-end que leurs installations avaient été considérablement endommagées par des attaques de drones et de missiles. Selon les experts d'ING Economics, cela pourrait entraîner des ruptures d'approvisionnement susceptibles de persister même en cas de détente géopolitique. Les Gardiens de la révolution iranienne ont déclaré que ces frappes constituaient des représailles aux attaques israélo-américaines contre les infrastructures en Iran.

SUSS MICROTEC ET CECONOMY SOUS PRESSION

Du côté des valeurs individuelles, Suss Microtec a retenu l'attention avec un recul de plus de 7%. L'équipementier pour semi-conducteurs anticipe, après un chiffre d'affaires record en 2025, des revenus et des bénéfices en baisse pour l'exercice en cours.

Le titre Ceconomy a également lourdement chuté, perdant près de 6%. Le géant chinois de l'internet JD.com pourrait voir l'État autrichien entraver, au dernier moment, son rachat de la holding regroupant "MediaMarkt" et "Saturn".

Delivery Hero a également été délaissé, signant un repli de plus de 4%. Les analystes sont partagés sur l'avenir de la société face à la pression croissante d'un actionnaire de référence.

À la Bourse de Londres, les actions du groupe minier Rio Tinto étaient en revanche recherchées. Le titre a progressé de 3,5%, signant la meilleure performance de l'indice phare FTSE. Le premier producteur mondial de minerai de fer a annoncé que les chargements avaient repris samedi dans trois de ses quatre terminaux de la région de Pilbara, en Australie-Occidentale. Le cyclone "Narelle" avait contraint le groupe à fermer ses ports mardi dernier.

(Rapport de Sanne Schimanski, rédigé par Olaf Brenner. Pour toute question, veuillez contacter notre rédaction à berlin.newsroom@thomsonreuters.com (politique et conjoncture) ou frankfurt.newsroom@thomsonreuters.com (entreprises et marchés).)