Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a annoncé mercredi des mesures visant à révoquer ou restreindre les visas de certains responsables africains, caribéens et brésiliens, que Washington accuse d'être liés à un programme cubain d'envoi de travailleurs médicaux à l'étranger.
Selon un communiqué de M. Rubio, le département d'État a ainsi révoqué les visas de Mozart Julio Tabosa Sales, responsable du ministère brésilien de la Santé, ainsi que d'Alberto Kleiman, ancien responsable de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS).
Marco Rubio n'a pas dévoilé l'identité des autres responsables concernés, mais a précisé qu'ils venaient d'Afrique, de Cuba et de la Grenade.
Le gouvernement cubain a vivement critiqué les efforts des États-Unis pour mettre un terme à ces missions médicales, qualifiant ces actions de prétexte cynique pour s'attaquer aux revenus en devises du pays.
Les dirigeants caribéens ont, par le passé, rejeté les accusations américaines d'exploitation de la main-d'oeuvre cubaine.
« La coopération médicale cubaine se poursuivra », a déclaré Johana Tablada, directrice adjointe des affaires américaines à Cuba, sur X. « Les priorités de M. Rubio en disent long : financer le génocide israélien en Palestine, torturer Cuba, s'en prendre aux services de santé pour ceux qui en ont le plus besoin », a-t-elle ajouté.
Le ministre brésilien de la Santé, Alexandre Padilha, a affirmé que son gouvernement ne céderait pas à ce qu'il a qualifié d'« attaques déraisonnables » contre le programme brésilien Mais Médicos (« Plus de médecins »), mentionné par Rubio. Ce programme a été créé en 2013, et le contrat avec Cuba y a pris fin en 2018.
En février, l'administration du président Donald Trump avait déjà étendu les restrictions de visa visant des responsables soupçonnés de liens avec ce programme cubain, qui envoie des médecins à travers le monde depuis la révolution cubaine de 1959. Ce dispositif apporte des devises à l'île, actuellement confrontée à une nouvelle crise économique.
Donald Trump a adopté une ligne dure envers Cuba, dirigée par le parti communiste, revenant sur les mesures de son prédécesseur Joe Biden.
Rubio a qualifié ce programme cubain de système où « les professionnels de santé sont 'loués' à d'autres pays à des prix élevés, la majeure partie des revenus étant conservée par les autorités cubaines ». Selon lui, il enrichit les responsables cubains et prive la population d'accès aux soins essentiels.
Washington entend agir « pour mettre fin à ce travail forcé », a prévenu Rubio, exhortant les gouvernements à payer directement les médecins pour leurs services.
En annonçant les restrictions visant des responsables brésiliens et ex-membres de l'OPS, Rubio a accusé la branche de l'Organisation mondiale de la santé couvrant les Caraïbes, l'Amérique centrale et du Sud, d'avoir agi en tant qu'intermédiaire pour mettre en oeuvre le programme sans respecter les exigences constitutionnelles brésiliennes et en contournant les sanctions américaines.





















