Des troupes syriennes, affrontant les forces kurdes soutenues par les États-Unis, ont pris le contrôle du champ pétrolier d’Omar, le plus grand du pays, ainsi que du champ gazier de Conoco dans la province orientale de Deir ez-Zor, alors que des forces tribales arabes alliées progressaient dans cette zone riche en hydrocarbures le long de la frontière avec l’Irak, ont indiqué dimanche des responsables et des sources sécuritaires.

La prise de contrôle de ces champs pétroliers situés à l’est de l’Euphrate — principale source de revenus pour les forces kurdes — constitue un revers majeur pour ce groupe.

Des responsables du gouvernement syrien ont déclaré que la richesse pétrolière contrôlée par la milice, qui permettait de soutenir sa région autoadministrée, avait privé l’État de ressources vitales.

Le président syrien Ahmed al-Sharaa a affirmé la semaine dernière qu’il était inacceptable qu’une milice contrôle un quart du pays et détienne ses principales ressources pétrolières et de matières premières.

L’armée syrienne a poursuivi son avancée dans les zones du nord-est de la Syrie, à majorité arabe, contrôlées par les Forces démocratiques syriennes (FDS) soutenues par les États-Unis, en dépit des appels américains à l’arrêt de l’offensive.

Une source gouvernementale a indiqué que les forces kurdes avaient été dépassées après la progression des combattants tribaux arabes, permettant au gouvernement et à ses alliés tribaux de s’emparer d’un territoire de plus de 150 km le long de la rive orientale de l’Euphrate, de Baghouz, près de la frontière irakienne, jusqu’à des villes clés telles qu’al-Shuhail et Busayra.

Des responsables syriens ont précisé que ces avancées placent désormais la majeure partie de la province de Deir ez-Zor — principale région de production de pétrole et de blé du pays, le long de l’Euphrate — sous leur contrôle.

Samedi soir, l’armée a également pris le contrôle de la ville septentrionale de Tabqa et de son barrage voisin, ainsi que du principal barrage Freedom, anciennement connu sous le nom de barrage Baath, à l’ouest de Raqqa.

Les autorités kurdes syriennes n’ont pas reconnu la perte de ces sites stratégiques et affirment que les combats se poursuivent près du barrage, accusant Damas d’avoir violé un accord sur le retrait des forces des zones à l’est d’Alep afin d’étendre son offensive.

Des responsables kurdes syriens ont déclaré que des factions alliées au gouvernement attaquaient leurs forces malgré les efforts pour parvenir à une issue pacifique. L’administration civile qui gère la région a accusé Damas de vouloir semer la division entre Arabes et Kurdes.

« Nous sommes à un tournant crucial. Nous devons soit résister, soit vivre dans la dignité et affronter toutes les formes d’injustice », indique leur communiqué, appelant les habitants des zones à majorité arabe à soutenir les FDS.

« Nous appelons notre peuple, en particulier les jeunes, à prendre les armes et à se préparer à résister à toute attaque. Nous faisons face à une guerre pour notre survie », ajoute-t-il.

Le gouvernement avait appelé les combattants des FDS — pour la plupart issus de tribus arabes — à faire défection. Il affirme que des centaines d’entre eux ont déjà changé de camp et rejoint les forces tribales opposées aux FDS.

Des dizaines de chefs tribaux arabes affirment avoir été marginalisés sous la direction kurde, une accusation que les FDS démentent, assurant que leurs rangs reflètent la diversité de la société syrienne.