Paris (awp/afp) - Les grands magasins Le Printemps cherchent à se restructurer face à un "marché instable et fortement concurrentiel" et prévoient la suppression de près de 8% des postes et la fermeture du magasin de Rennes, un "choc" pour la CGT.
Mardi, la célèbre enseigne française fondée en 1865 a prévenu les partenaires sociaux: elle réfléchit à supprimer 229 postes sur les 3000 que compte le groupe et entend baisser le rideau du grand magasin de Rennes, en Bretagne, situé dans un centre commercial.
Elle invoque dans un communiqué de presse "un ralentissement durable des ventes des biens de consommation", une baisse du pouvoir d'achat, mais aussi l'essor concurrentiel de la mode ultra-éphémère et de la seconde main.
De fait, la marque asiatique dite d'"ultra fast fashion" Shein et le site lituanien de vente de vêtements d'occasion Vinted séduisent de plus en plus les consommateurs français, affaiblissant les commerces physiques de mode, d'après les différentes fédérations du secteur.
La fermeture du magasin de Rennes (Ille-et-Vilaine) concernerait 51 employés du groupe, mais il pourrait y avoir "beaucoup plus de personnes qui vont perdre leur boulot" entre les prestataires de ce grand magasin et les marques concessionnaires, s'est inquiété auprès de l'AFP un élu CGT du Printemps, qui a préféré rester anonyme.
D'après lui, cette fermeture serait due à un changement de positionnement du centre commercial qui l'héberge, Alma, qui cherche à se réorienter vers le "mass market" (marché de la grande consommation).
Un "environnement commercial devenu incompatible avec le positionnement de Printemps", confirme du bout des lèvres la direction.
"Des années dans le rouge"
Ce plan social est "un gros choc", le "troisième en moins de dix ans", s'est encore désolé ce syndicaliste.
Fin 2021, Le Printemps a concrétisé un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) qui a vu la suppression de plusieurs centaines d'emplois et la fermeture de trois sites.
"On l'a senti venir, ça fait des années qu'on est dans le rouge et on ne voyait pas de stratégie pour retrouver de la croissance", a encore témoigné l'élu CGT.
La réorganisation annoncée mardi prévoit également "la modification de 17 postes, et la création de 91 postes", a chiffré la direction dans un communiqué.
Les postes créés le seront "sur l'entité Printemps, à savoir potentiellement sur les magasins, printemps.com et le siège", a déclaré la direction, interrogée par l'AFP.
Selon l'élu CGT, le groupe envisage surtout de supprimer des postes de cadres (managers de vente, RH, etc.) et de mutualiser ces ressources.
"Nous exigeons des alternatives à ces licenciements et l'ouverture de véritables négociations. Printemps doit retirer ce plan", a déclaré mardi la fédération Commerce et Services de la CGT dans un communiqué.
Fondé au XIXe siècle par Jules et Augustine Jaluzot, l'enseigne regroupe 20 magasins Printemps en France (dont 3 affiliés), mais aussi à Doha (Qatar) et à New York (États-Unis) ainsi qu'une place de marché qui héberge près de 3000 marques.
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