Les grosses ardoises de Chanel, Kering ou LVMH après la faillite de Saks
Le distributeur de mode haut de gamme américain Saks Global a fait faillite. Le groupe a demandé à bénéficier de la loi sur les faillites aux Etats-Unis (Chapet 11). Il traîne une dette très élevée et des créances impayées qui touchent de plein fouet les plus grands noms du luxe mondial.
C’est l’une des plus grosses faillites dans la distribution de luxe depuis la pandémie. Mardi soir, Saks Global, maison-mère de Saks Fifth Avenue, Bergdorf Goodman et Neiman Marcus, a déposé le bilan aux Etats-Unis. Le groupe a déclaré entre 1 et 10 milliards de dollars d’actifs et de passifs auprès du tribunal des faillites de Houston. Cette procédure intervient moins d’un an après une fusion à 2,7 milliards de dollars avec Neiman Marcus, soutenue par Amazon, Salesforce et Authentic Brands, censée donner naissance à un champion américain du commerce haut de gamme.
En coulisses, un plan de sauvetage à 1,75 milliard de dollars se dessine. Selon les informations de l'Agence Reuters, il prévoit un prêt d’urgence d’un milliard, piloté par Pentwater Capital Management et Bracebridge Capital, ainsi qu’un crédit adossé aux actifs de 250 millions de dollars. Si la restructuration réussit, Saks Global pourrait lever jusqu’à 500 millions supplémentaires pour assurer sa relance. L’objectif est de maintenir l’activité en magasin et d’éviter une liquidation pure et simple.
Les marques de luxe très exposées
Mais cette chute fragilise l’ensemble de la chaîne du luxe. Parmi les créanciers non garantis figurent Chanel (136 millions de dollars), Kering (60 millions) ou encore LVMH (26 millions). Alors que les grandes marques misent de plus en plus sur la vente directe et que les géants du commerce en ligne grignotent des parts de marché, la débâcle de Saks illustre les limites du modèle des grands magasins historiques.
LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton SE est le leader mondial des produits de luxe. Le CA par famille de produits se répartit comme suit :
- articles de mode et de maroquinerie (46,7%) : marques Louis Vuitton, Christian Dior, Celine, Loewe, Kenzo, Givenchy, Fendi, Emilio Pucci, Marc Jacobs, Berluti, Loro Piana, etc. ;
- montres et bijoux (13%) : marques Bulgari, TAG Heuer, Zenith, Hublot, Chaumet, Fred, Tiffany, etc. ;
- parfums et produits cosmétiques (10,1%) : parfums (marques Christian Dior, Guerlain, Loewe, Kenzo, Givenchy, etc.), produits de maquillage (Make Up For Ever, Guerlain, Acqua di Parma, etc.), etc. ;
- vins et spiritueux (6,6%) : champagnes (marques Moët & Chandon, Dom Pérignon, Veuve Clicquot, Krug, Ruinart, Mercier, Château d'Yquem, Domaine du Clos des Lambrays, Château Cheval Blanc, Colgin Cellars, Hennessy, Glenmorangie, Ardbeg, Belvedere, Woodinville, Volcán de mi Tierra, Chandon, Cloudy Bay, Terrazas de los Andes, etc. ; n° 1 mondial), vins (Cape Mentelle, Château D'Yquem, etc.), cognacs (notamment Hennessy ; n° 1 mondial), whisky (notamment Glenmorangie), etc.
Le solde du CA (23,6%) concerne essentiellement une activité de distribution sélective assurée au travers des chaînes Sephora, DFS et des grands magasins Le Bon Marché et La Samaritaine.
A fin 2025, la commercialisation des produits est assurée au travers d'un réseau de 6 283 magasins dans le monde.
La répartition géographique du CA est la suivante : France (8,3%), Europe (18%), Japon (7,9%), Asie (26,5%), Etats-Unis (25,6%) et autres (13,7%).