C’est l’une des plus grosses faillites dans la distribution de luxe depuis la pandémie. Mardi soir, Saks Global, maison-mère de Saks Fifth Avenue, Bergdorf Goodman et Neiman Marcus, a déposé le bilan aux Etats-Unis. Le groupe a déclaré entre 1 et 10 milliards de dollars d’actifs et de passifs auprès du tribunal des faillites de Houston. Cette procédure intervient moins d’un an après une fusion à 2,7 milliards de dollars avec Neiman Marcus, soutenue par Amazon, Salesforce et Authentic Brands, censée donner naissance à un champion américain du commerce haut de gamme.

En coulisses, un plan de sauvetage à 1,75 milliard de dollars se dessine. Selon les informations de l'Agence Reuters, il prévoit un prêt d’urgence d’un milliard, piloté par Pentwater Capital Management et Bracebridge Capital, ainsi qu’un crédit adossé aux actifs de 250 millions de dollars. Si la restructuration réussit, Saks Global pourrait lever jusqu’à 500 millions supplémentaires pour assurer sa relance. L’objectif est de maintenir l’activité en magasin et d’éviter une liquidation pure et simple.

Les marques de luxe très exposées

Mais cette chute fragilise l’ensemble de la chaîne du luxe. Parmi les créanciers non garantis figurent Chanel (136 millions de dollars), Kering (60 millions) ou encore LVMH (26 millions). Alors que les grandes marques misent de plus en plus sur la vente directe et que les géants du commerce en ligne grignotent des parts de marché, la débâcle de Saks illustre les limites du modèle des grands magasins historiques.