Les investisseurs institutionnels ont ouvert de nouvelles lignes sur le compartiment des semi-conducteurs, d'Intel à Micron, au cours du premier trimestre. Ce positionnement leur a permis de tirer parti d'un rallye effréné qui s'est prolongé au deuxième trimestre, selon une analyse Reuters portant sur les déclarations réglementaires de quelque 6 600 hedge funds, fonds de pension et fonds universitaires auprès de la SEC.

Près de 5 000 de ces investisseurs ayant déposé leurs formulaires 13-F vendredi en fin d'après-midi se sont déclarés acheteurs d'au moins une des 17 sociétés de semi-conducteurs suivies par Reuters.

Micron figure parmi les fabricants de puces les plus activement recherchés. Son titre s'est envolé de 154% depuis le début de l'année, porté par l'explosion de la demande de puces mémoire liée au déploiement de l'IA. Au total, 2 440 institutions ont déclaré de nouvelles positions sur Micron, dont Rockefeller Capital Management et Schroder Investment Management.

Intel suit de près, porté par une thématique de redressement ('turnaround') qui a vu son action bondir de 195% depuis le 1er janvier. Tiger Global Management a révélé avoir initié une position sur Intel au premier trimestre, tout comme Neuberger Berman et MetLife Asset Management.

Ces déclarations auprès de la SEC offrent un aperçu des portefeuilles des grands institutionnels. Ces derniers doivent signaler tout changement de composition de leurs actifs dans les 45 jours suivant la fin de chaque trimestre civil. Les données compilées par Reuters reflètent les déclarations soumises jusqu'à vendredi après-midi et ne tiennent pas compte des arbitrages éventuels effectués depuis le 31 mars.

Northern Trust s'est imposé comme un investisseur majeur du secteur, initiant de nouvelles lignes sur Intel et Micron, ainsi que sur Seagate Technology et Western Digital. Ces deux dernières valeurs affichent des hausses respectives de 188% et 179% depuis le début de l'année.

INFRASTRUCTURES IA

Les institutions se sont également montrées très acheteuses de titres dont le sort est étroitement lié à l'adoption de l'IA. Plus de 4 000 d'entre elles ont renforcé leurs positions existantes ou sont entrées au capital d'un groupe de neuf sociétés clés de l'infrastructure IA, incluant Oracle, Arista Networks et Vertiv. Seules 164 institutions ont déclaré des ventes sur ce segment durant le trimestre.

Les spécialistes des centres de données, dont l'activité dépend de la demande insatiable de l'IA en énergie, ont également suscité un vif intérêt, tout comme les services collectifs ('utilities') qui produiront cette électricité. Selon les formulaires 13-F, aucune institution n'a réduit son exposition aux utilities au premier trimestre, tandis que près de 3 800 d'entre elles ont renforcé ou initié des positions dans le secteur.

En revanche, les données suggèrent que les investisseurs institutionnels se montrent plus sélectifs vis-à-vis des 'Sept Magnifiques'. Dans un contexte d'incertitude sur la pérennité de leurs dépenses en IA et de leur croissance, les vendeurs ont légèrement dépassé les acheteurs sur ce groupe de géants technologiques.

Le hedge fund Pershing Square du milliardaire Bill Ackman a ouvert une nouvelle ligne sur Microsoft après le récent repli du titre, finançant cet achat par la cession de sa participation historique dans Alphabet, la maison mère de Google.

Parmi les 143 investisseurs ayant initié une position sur Palantir figure Mubadala Investment Company, le fonds souverain des Émirats arabes unis, qui a acquis une participation modeste évaluée à 9,9 millions de dollars.

Mubadala est également entré au capital de Shopify, l'une des valeurs du logiciel (SaaS) malmenées au premier trimestre par la crainte que l'IA ne vienne bouleverser leurs modèles économiques. Pour un panier de 20 valeurs américaines de cette catégorie, Reuters a constaté que les institutions ont globalement privilégié la vente, 397 d'entre elles ayant liquidé au moins une position.