À la veille du sommet sur l'acier à la Chancellerie, les Länder de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Basse-Saxe, Brême, Saxe et Sarre ont publié un vaste catalogue de revendications à l'adresse du gouvernement fédéral.
Dans ce document, ils insistent notamment sur l'instauration d'un contingent douanier européen pour les importations d'acier. « Au-delà des quotas, un droit de douane pénal efficace devrait être mis en place : au moins 50 %, sur le modèle du niveau américain. Cet instrument devrait, dans la mesure du possible, concerner l'ensemble de la chaîne de valeur de l'acier, y compris les produits intermédiaires et transformés », écrivent les cinq ministres-présidents. Par ailleurs, les importations d'acier et de produits sidérurgiques en provenance de Russie devraient être interdites dans l'Union européenne.
Le chancelier fédéral Friedrich Merz a souligné que l'Allemagne avait besoin d'une industrie sidérurgique « compétitive, pérenne, moderne ». Il s'agit d'un enjeu stratégique pour l'Allemagne, a-t-il écrit sur la plateforme X. « Cela garantit des emplois et des chaînes de valeur. Cela garantit la prospérité de notre pays. » C'est l'objectif du dialogue sur l'acier, auquel Merz convie jeudi entreprises, cinq ministres fédéraux, syndicats et représentants des Länder.
À l'origine de cette mobilisation : les difficultés économiques d'un secteur marqué par la surcapacité. À l'Ouest, les entreprises sidérurgiques européennes sont confrontées aux droits de douane américains de 50 %. À l'Est, la Chine a développé d'importantes surcapacités et inonde également le marché européen de son acier. Des responsables de la CDU et du SPD dénoncent des prix de dumping visant à éliminer la concurrence européenne.
Afin de protéger le secteur fragilisé face à une concurrence internationale jugée déloyale, les cinq gouvernements régionaux demandent en outre un renforcement des droits de douane européens sur le CO 2 pour les importations en provenance de pays n'appliquant pas des normes environnementales comparables. Le mécanisme de protection dit CBAM devrait s'étendre aux produits en aval à forte intensité d'acier, tout en exonérant les exportations des coûts du CO 2 . Si cela s'avère impossible, le gouvernement fédéral devrait veiller à ce que les producteurs nationaux d'acier continuent de bénéficier de quotas gratuits de CO 2 . Par ailleurs, les entreprises devraient profiter à la fois d'un prix de l'électricité industrielle bas et d'une compensation sur les prix de l'électricité.
(Reportage de Andreas Rinke, avec la collaboration d'Ilona Wissenbach, édité par Christian Rüttger)



















