L'essentiel : 

  • Les marchés européens accélèrent nettement, portés par l’espoir d’une désescalade entre Washington et Téhéran. A Paris, le CAC 40 gagnait 3,3% vers 13h15, tandis que les futures américains s’envolaient.
  • Axios rapporte que la Maison-Blanche juge proche un accord préliminaire avec l’Iran, sous la forme d’un mémorandum de 14 points prévoyant l’arrêt de la guerre, un cadre de négociation nucléaire et une détente autour du détroit d’Ormuz.
  • Téhéran a envoyé un signal jugé encourageant, la Marine des Gardiens de la Révolution assurant que la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz serait garantie grâce à de nouvelles procédures.
  • Le mouvement de marché est très sectoriel : la finance, le luxe, l’automobile et l’aérien flambent, tandis que l’énergie décroche lourdement avec la chute du pétrole, à l’image de TotalEnergies et Equinor.

La Maison-Blanche estime être proche d'un accord préliminaire avec l'Iran pour mettre fin à la guerre et rouvrir une phase de négociations nucléaires plus structurée, selon les informations obtenues par Axios, la publication la plus en pointe depuis plusieurs semaines sur la diplomatie américaine. Le projet prendrait la forme d'un mémorandum d'une page, en 14 points, négocié par les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, avec plusieurs responsables iraniens, directement ou via des médiateurs. Rien n'est encore conclu, mais des responsables américains cités par Axios jugent que les discussions n'ont jamais été aussi avancées depuis le début du conflit.

Le texte prévoirait une fin déclarée de la guerre régionale, suivie d'une période de 30 jours consacrée à un accord plus détaillé. Parmi les points discutés figurent un moratoire iranien sur l'enrichissement d'uranium, dont la durée reste à arbitrer, un allègement progressif des sanctions américaines, la libération de plusieurs milliards de dollars de fonds iraniens gelés et une levée graduelle des restrictions autour du détroit d'Ormuz. Axios rapporte également que les parties discutent d'un régime d'inspections renforcé, incluant des inspections surprises de l'ONU, ainsi que d'un engagement iranien à ne jamais chercher à se doter de l'arme nucléaire.

L'Iran donne des signes d'ouverture

Les derniers développements venus de Téhéran ont renforcé l'optimisme des investisseurs. Selon les médias d'Etat iraniens, la Marine des Gardiens de la Révolution a déclaré mercredi que la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz serait assurée grâce à la fin des menaces américaines et à la mise en place de nouvelles procédures. Il s'agit de la première réaction iranienne à la suspension par les Etats-Unis de leurs opérations destinées à aider les navires bloqués à traverser le détroit. Le communiqué ne précise pas la nature de ces nouvelles procédures, mais il remercie les armateurs et capitaines de navires d'avoir respecté la réglementation iranienne lors de leur passage dans cette voie stratégique.

Ce signal est important, car il touche directement le point le plus sensible pour les marchés : la circulation du pétrole et du gaz dans le détroit d'Ormuz. La rumeur d'un accord avait déjà fait bondir les indices et reculer les cours du brut en fin de matinée. L'annonce iranienne a ensuite accentué le mouvement à 13h00, en donnant l'impression que la désescalade ne se limite plus aux canaux diplomatiques américains, mais commence aussi à produire des effets concrets sur le terrain maritime.

La prudence reste toutefois de mise. D'après Axios, Washington pense que le pouvoir iranien demeure divisé, ce qui pourrait compliquer tout compromis durable. Plusieurs responsables américains restent sceptiques, d'autant que l'administration Trump s'est déjà montrée optimiste lors de précédentes phases de négociation sans parvenir à un résultat. Le projet actuel pourrait donc déboucher sur une véritable désescalade, mais aussi sur une simple suspension du conflit : si les discussions échouent, les États-Unis se réserveraient la possibilité de rétablir leur blocus naval ou de reprendre des opérations militaires. Pour l'heure, les marchés choisissent clairement de jouer le scénario favorable.

 Les valeurs pétrolières sombrent

En Bourse, les secteurs les plus favorisés sont la finance (Société Générale +7%), la consommation cyclique (Hermès +7%, Compagnie Financière Richemont +7,5%) et l'automobile (Valeo +8,5%, Continental +10%), qui disposent d'un fort effet de levier sur une embellie économique globale. Mention spéciale au secteur aérien, à la fois côté transporteurs (Ryanair +10%) et industriels (MTU +11%, Safran +10%). Trois secteurs sont sous pression. Les télécoms stagnent et ratent la hausse, car ils sont trop défensifs. Pour la même raison, les services collectifs lâchent 1,2% (Orsted -5%, Engie -1,7%). Le grand perdant de la journée est le secteur de l'énergie, qui plonge de 5% (Equinor -10%, TotalEnergies -5,5%).