Après une vague de ventes, les marchés obligataires mondiaux se sont stabilisés mardi, tandis que les actions évoluaient sans direction claire, les investisseurs se tournant vers la prochaine réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) et évaluant les conséquences de la décision des États-Unis d'autoriser l'exportation vers la Chine des processeurs Nvidia, les deuxièmes plus performants du fabricant.

La Fed partage cette semaine le devant de la scène avec la Banque de réserve d'Australie, qui a maintenu ses taux inchangés comme prévu mardi. Plus notable encore, elle a exclu tout nouvel assouplissement de sa politique monétaire et a averti que les taux pourraient être relevés si les pressions inflationnistes persistaient.

Cette position a propulsé le dollar australien à un niveau proche de son plus haut depuis près de trois mois.

La Banque du Canada et la Banque nationale suisse devraient également maintenir leurs taux lors de leurs réunions respectives mercredi et jeudi.

Par ailleurs, les déclarations d'Isabel Schnabel, membre influente du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), ont fait des remous cette semaine, bien que la BCE ne fixe sa politique que la semaine prochaine. Lundi, elle a estimé que la prochaine évolution des taux d'intérêt en zone euro serait probablement à la hausse -- même si ce n'est pas imminent -- et a mis en garde contre le risque qu'un statu quo prolongé n'aboutisse à un assouplissement monétaire passif.

Ces propos ont entraîné lundi la plus forte hausse quotidienne depuis plusieurs mois des rendements des obligations d'État allemandes à court et long terme, tout en poussant également à la hausse les rendements des bons du Trésor américain. [GVD/EUR] [US/]

Le calme est revenu mardi : le rendement de référence allemand à 10 ans reculait de près de 2 points de base à 2,85 %, un sommet de neuf mois, tandis que le rendement du Treasury à 10 ans diminuait d'un montant similaire à 4,16 %.

Les actions restaient également stables : les places européennes affichaient une légère baisse, les contrats à terme américains progressaient timidement, tandis que les marchés asiatiques reculaient. [.EU] [.N]

La Fed au centre de l'attention

Les inquiétudes concernant la santé budgétaire du Japon continuent de faire grimper les rendements des obligations d'État japonaises, avec des répercussions mondiales, ce qui crée un contexte particulier à la veille de la réunion de la Fed qui s'achève mercredi. [JP/]

Une baisse de taux de 25 points de base est largement anticipée, mais les investisseurs surveillent de nombreux autres éléments.

« Entre les éventuels désaccords, le ton du président de la Fed, Jerome Powell, et le résumé des projections économiques, il existe de nombreuses façons dont les marchés pourraient être surpris », analyse Erica Camilleri, analyste macroéconomique senior chez Manulife Investment Management.

Ces éléments permettront également de déterminer si le prochain président de la Fed héritera d'une institution prudente face à de nouvelles baisses de taux, ou prête à s'aligner sur la volonté du président Donald Trump, partisan d'une politique monétaire plus accommodante.

Kevin Hassett, conseiller économique de la Maison Blanche et favori pour succéder à Jerome Powell, a déclaré lundi que la Fed devrait poursuivre la baisse des taux d'intérêt, soulevant la question de la stratégie de la banque centrale à moyen terme.

« Que se passera-t-il en 2027 et 2028 ? La Fed sera-t-elle prête à relever les taux si la croissance repart ? Ou conservera-t-elle un biais accommodant, quitte à rester immobile même en cas de regain de croissance et d'inflation ? », poursuit Camilleri.

Nvidia progresse après l'annonce sur les exportations vers la Chine

Les investisseurs tentaient également d'évaluer l'impact de la décision du président américain Donald Trump d'autoriser l'exportation vers la Chine des processeurs H200 de Nvidia, ses deuxièmes meilleures puces d'intelligence artificielle, moyennant une taxe de 25 % sur ces ventes.

L'action Nvidia gagnait environ 2 % avant l'ouverture de Wall Street, mais les valeurs technologiques chinoises reculaient, aussi bien à Shanghai qu'à Hong Kong, où l'indice Hang Seng Tech perdait près de 2 %.

Les devises restaient stables : l'euro s'échangeait à $1.1639, quasi inchangé, les rendements européens plus élevés étant compensés par la hausse des rendements américains, tandis que la livre sterling stagnait à $1.3321. [FRX/]

Le yen s'affaiblissait légèrement à 156,27 pour un dollar, après avoir reculé dans la foulée d'un violent séisme ayant frappé le Japon.

Du côté des matières premières, les cours du pétrole se stabilisaient après une chute de 2 % la veille, alors que les acteurs du marché suivaient de près les discussions de paix pour mettre fin à la guerre menée par la Russie en Ukraine.

Les contrats à terme sur le Brent progressaient de 0,2 % à $62,62 le baril, tandis que le brut américain WTI prenait 0,3 % à $59,05. [O/R]