Les marchés actions et obligataires affichaient lundi un optimisme mesuré, dans l'espoir que la Réserve fédérale américaine (Fed) procède cette semaine à une baisse tant attendue de ses taux directeurs, bien que la réunion s'annonce comme l'une des plus houleuses de ces dernières années.
Les contrats à terme anticipent une probabilité d'environ 85 % pour une réduction d'un quart de point du taux des fonds fédéraux, actuellement situé entre 3,75 % et 4,0 %. Un maintien des taux serait donc un véritable séisme. Selon un sondage Reuters auprès de 108 analystes, seuls 19 prévoient un statu quo, les autres tablant sur une baisse.
« Nous anticipons au moins deux dissensions en faveur d'une absence d'action et pensons qu'une mince majorité des 19 membres du FOMC indiquera, dans la mise à jour des dot plots, qu'une baisse en décembre est appropriée », écrit Michael Feroli, chef économiste États-Unis chez JPMorgan, dans une note.
Le Comité de politique monétaire n'a pas connu trois dissensions ou plus lors d'une réunion depuis 2019, un fait survenu seulement neuf fois depuis 1990.
Feroli estime également que la Fed pourrait abaisser ses taux en janvier, à titre de précaution contre un affaiblissement prolongé du marché de l'emploi, avant d'observer une longue pause. Les marchés n'accordent actuellement que 24 % de probabilité à un mouvement en janvier, et un nouvel assouplissement n'est pleinement intégré dans les cours qu'à l'horizon juillet.
Les banques centrales du Canada, de Suisse et d'Australie se réunissent également cette semaine et devraient toutes maintenir le statu quo. La Banque nationale suisse pourrait souhaiter un nouvel assouplissement pour compenser la vigueur du franc, mais, déjà à 0 %, elle hésite à passer en territoire négatif.
Une série de données économiques solides a conduit les marchés à exclure tout nouvel assouplissement de la Banque centrale d'Australie, allant jusqu'à anticiper une hausse des taux pour la fin 2026.
L'espoir d'un nouveau soutien de la Fed a contribué à soutenir les actions ces dernières semaines, les contrats à terme sur le S&P 500 et le Nasdaq progressant de 0,1 % lors des échanges asiatiques.
Cette semaine, les résultats d'Oracle et Broadcom testeront l'appétit des investisseurs pour l'intelligence artificielle, tandis que Costco donnera des indications sur la demande des consommateurs.
LES OBLIGATIONS SUSPENDUES AUX INDICATIONS DE LA FED
En Asie, le Nikkei japonais est resté stable après un gain modeste de 0,5 % la semaine précédente. Les actions sud-coréennes ont progressé de 0,2 %, après un bond de 4,4 % la semaine dernière, porté par la confirmation d'une baisse des droits de douane américains sur ses exportations.
L'indice élargi MSCI des actions Asie-Pacifique hors Japon a avancé de 0,2 %.
Les valeurs vedettes chinoises ont gagné près de 1,0 %, les données montrant une hausse de 5,9 % des exportations en novembre, dépassant les prévisions de 3,8 % et résistant aux tarifs américains. Les importations, en hausse de 1,9 %, sont restées en deçà des attentes, signe d'une demande intérieure toujours modérée.
En Europe, les contrats à terme sur l'EUROSTOXX 50 et le FTSE ont reculé de 0,1 %, tandis que ceux sur le DAX étaient quasi inchangés.
Sur le marché obligataire, les Treasuries à plus longue échéance subissent des pressions, le risque d'un discours restrictif de la Fed subsistant même en cas de baisse des taux cette semaine.
Des inquiétudes persistent également quant aux attaques du président Donald Trump contre l'indépendance de la Fed, qui pourraient conduire à des taux excessivement bas et raviver l'inflation sur le long terme.
Lundi, les rendements à 10 ans étaient en léger repli à 4,136 %, après une hausse de 9 points de base la semaine précédente.
La remontée des rendements a permis au dollar de se stabiliser après deux semaines de repli, même si son indice cédait 0,1 % à 98,876. Il reculait de 0,2 % face au yen à 154,99, les marchés anticipant de plus en plus une hausse des taux de la Banque du Japon lors de la réunion de politique monétaire la semaine prochaine.
L'euro s'affichait légèrement plus ferme à 1,1654 dollar, tout près de son récent sommet de sept semaines à 1,1682.
Les matières premières bénéficient globalement des paris sur un nouvel assouplissement de la politique américaine, le cuivre atteignant des sommets historiques, porté par les inquiétudes sur l'offre et la demande liée aux investissements dans l'infrastructure pour l'IA. [MET/L]
L'or se maintenait à 4 210 dollars l'once, après un pic à 4 259 vendredi, tandis que l'argent restait proche de son record historique. [GOL/]
Les prix du pétrole étaient également soutenus par la perspective de taux plus bas, conjuguée à l'incertitude géopolitique susceptible de limiter l'offre en provenance de Russie et du Venezuela. [O/R]
Le Brent progressait de 0,1 % à 63,84 dollars le baril, tandis que le brut américain gagnait 0,2 % à 60,17 dollars.

















