Paris (awp/afp) - Les Bourses mondiales évoluent sans élan mercredi, dans l'attente de l'issue de la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) qui devrait baisser ses taux directeurs et dessiner des perspectives pour 2026.

En Europe, vers 12H15 GMT, peu après l'ouverture, Paris perdait 0,31%, Milan 0,41%. Francfort cédait 0,46%. Londres prenait 0,29%.

En Asie, Hong Kong a pris 0,42% et Shanghai a cédé 0,23%. Tokyo a terminé en léger recul (-0,10%).

Les contrats à terme portant sur les principaux indices à New York laissaient présager d'une ouverture en légère baisse.

Les marchés "restent relativement calmes avant la dernière décision de la Fed en 2025", a résumé Patrick Munnelly, analyste pour Tickmill Group.

La réunion du comité monétaire de la Fed (FOMC) a lieu entre mardi et mercredi. Selon l'outil de veille CME FedWatch, les investisseurs anticipent à près de 90% une nouvelle baisse des taux, qui les ramènerait dans une fourchette comprise entre 3,50% et 3,75%.

"Ce que nous ignorons, c'est ce que la Fed prévoit pour l'an prochain. Combien de baisses de taux anticipe-t-elle et si ses projections convaincront les marchés", s'interroge Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Les gouverneurs sont divisés sur la marche à suivre dans les prochains mois. Trois camps se dessinent: les partisans d'un statu quo, ceux qui ont laissé planer le doute et les défenseurs d'un desserrement monétaire.

Des statistiques ayant fait état mardi d'une hausse des offres d'emploi aux Etats-Unis, à rebours des attentes des analystes, ont récemment entraîné une "réévaluation" des attentes, en faveur d'une politique plus restrictive, explique Chris Weston, analyste chez Pepperstone.

Plus un marché de l'emploi - donc une économie - est dynamique, plus une baisse des taux directeurs devient risquée: elle peut provoquer une relance de l'inflation, car elle augmente la demande par rapport à l'offre.

Désormais, "les marchés anticipent donc des baisses de taux de la Fed au premier semestre 2026, suivies d'une pause" et il existe même "une probabilité faible, mais croissante, d'une hausse des taux l'an prochain", relève Kathleen Brooks, analyste pour XTB.

Côté change, le dollar restait stable (-0,03%) face à la monnaie unique européenne, à 1,1648 dollar pour un euro.

Le budget de la Sécu adopté en France

En France, les députés ont adopté, mardi, le projet de budget de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, suspendant notamment la mise en oeuvre de la réforme des retraites jusqu'en janvier 2028.

"Ce vote sonne comme un succès pour l'approche conciliante du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui aura sauvegardé au moins temporairement les apparences pour un budget de la Sécurité sociale de compromis", relèvent les analystes de Natixis.

Mais "il est encore bien trop tôt pour crier victoire" et les "espoirs d'un budget français en bonne et due forme pour 2026" devraient "être vraisemblablement déçus", jugent-ils.

Résultat: le rendement de l'emprunt à échéance dix ans de l'Etat français grimpait à 3,58% vers 12H00 GMT, contre 3,55% la veille en clôture. L'écart avec son équivalent allemand, appelé "spread", atteignait 0,73 point de pourcentage, contre 0,70 point la veille.

Delivery Hero en hausse

Le titre du service de livraison de repas Delivery Hero (+9,64% à 21,83 euros à Francfort) est recherché après une lettre envoyée mardi par le groupe berlinois à ses actionnaires dans laquelle il dit examiner des "options" stratégiques, comme de nouvelles cessions, en réponse à la faiblesse récente du cours. Le groupe a aussi été mis sous pression d'agir par des investisseurs, comme l'a récemment rapporté Bloomberg.

Le pétrole en hausse

Le marché pétrolier se reprend, après plusieurs séances minées par les craintes d'une surabondance de l'offre. Vers 12H00 GMT, le baril de WTI nord-américain gagnait 0,60% à 58,60 dollars, tout comme celui de Brent de la mer du Nord 0,50% à 61,4 dollars.

afp/jh