Les marchés actions mondiaux ont fléchi mercredi tandis que l'or accusait un net repli après une envolée spectaculaire, les valorisations élevées étant passées au crible et les investisseurs procédant à des prises de bénéfices.

La géopolitique pèse lourdement sur la tendance. Un sommet prévu entre le président américain Donald Trump et son homologue russe Vladimir Poutine a été suspendu, tandis qu'une incertitude persistait quant à une éventuelle rencontre entre M. Trump et le président chinois Xi Jinping.

En dépit d'un ton plus conciliant entre Washington et Pékin ces derniers temps, Donald Trump a ravivé l'incertitude mardi, déclarant que « peut-être que cela n'aura pas lieu » à propos de la rencontre.

La chute nocturne de l'or a retenu toute l'attention sur les marchés : le métal jaune a perdu plus de 5 % mardi sans catalyseur évident, s'échangeant dernièrement en baisse de 0,6 % à 4 098,89 $ l'once.

Le métal précieux avait pourtant connu une année exceptionnelle, bondissant de plus de 50 % sur fond d'incertitudes géopolitiques et économiques généralisées, ainsi que d'anticipations de baisses des taux d'intérêt américains, stimulant la demande pour cette valeur refuge.

« L'or était extrêmement tendu, massivement suracheté. Il y a eu beaucoup d'achats dictés par la peur de rater une opportunité (FOMO) sur ce marché, » analyse Tony Sycamore, analyste chez IG.

« C'est l'une de ces situations où, lorsque les positions deviennent excessives - et il faut reconnaître que le Nasdaq est également dans ce cas, tout comme d'autres marchés en surchauffe -, on observe de petits mini-krachs... Nous voyons de petites secousses sur les marchés, et il est possible que quelque chose de plus significatif survienne. »

L'indice MSCI le plus large des actions Asie-Pacifique hors Japon reculait de 0,24 %, tandis que les contrats à terme sur le Nasdaq cédaient 0,2 % et ceux sur le S&P 500 perdaient 0,07 % après une séance mitigée à Wall Street.

Les actions Netflix ont plongé de près de 6 % après la clôture, le géant du streaming ayant manqué ses objectifs de bénéfices pour le troisième trimestre, tandis que le titre General Motors s'est envolé de 15 % après une révision à la hausse de ses prévisions de profits annuels.

Ailleurs, les contrats à terme sur l'EUROSTOXX 50 ont reculé de 0,5 %, ceux sur le FTSE de 0,15 % et ceux sur le DAX de 0,26 %.

Au Japon, le Nikkei a perdu 0,9 %, en ligne avec la tendance générale, après deux séances de forte progression sur fond d'espoirs de relance budgétaire accrue sous la houlette de la nouvelle Première ministre, Sanae Takaichi.

« Nous anticipons un effet globalement positif de la 'Sanaenomics' sur le marché actions, » estime Louis Chua, analyste chez Julius Baer.

Il prévoit une poursuite de la hausse du Nikkei, portée par le « double moteur de la réforme des entreprises et d'une politique de relance pro-croissance avec l'élection de Takaichi ».

En Chine, l'indice phare CSI300 a cédé 0,2 %. À Hong Kong, le Hang Seng a reculé de 0,42 %.

EN ATTENTE DES INDICATIONS DES BANQUES CENTRALES

Sur le marché des changes, le yen accusait le coup après une baisse de près de 0,8 % la veille, consécutive à la victoire de Takaichi, qui pourrait brouiller les perspectives de relèvement des taux par la Banque du Japon (BOJ).

La BOJ se réunit la semaine prochaine, où le consensus table sur un statu quo monétaire.

« La probabilité d'une hausse des taux en octobre reste faible depuis un certain temps, » notent les analystes de Morgan Stanley MUFG Securities dans une note.

« Un éventuel changement positif, même subtil, dans les propos du gouverneur (Kazuo) Ueda lors de la conférence de presse, notamment dans son appréciation de l'impact des tarifs sur l'économie américaine et leurs effets sur les entreprises japonaises, deviendra probablement un point clé pour évaluer la possibilité d'une hausse des taux lors de la prochaine réunion de décembre. »

La Réserve fédérale américaine annoncera également sa décision sur les taux la semaine prochaine, et les investisseurs anticipent quasi intégralement une baisse de 25 points de base.

Le manque de données économiques américaines, conséquence de la fermeture du gouvernement, pourrait laisser les responsables politiques dans le flou lors de cette réunion, une situation loin d'être idéale alors que les avis divergent sur les risques à privilégier.

Mardi, Donald Trump a repoussé la demande des principaux élus démocrates d'organiser une rencontre tant que la fermeture du gouvernement, qui dure depuis trois semaines, ne sera pas levée.

Cette paralysie budgétaire a maintenu les devises dans des marges étroites ces dernières séances, faute de nouveaux catalyseurs issus de statistiques, même si le dollar est resté globalement stable mercredi, soutenu par un yen plus faible.

L'euro s'échangeait dernièrement à 1,1604 $. La livre sterling a légèrement reculé à 1,3370 $.

Du côté des matières premières, les cours du pétrole ont progressé, le Brent gagnant 0,31 % à 61,51 $ le baril, tandis que le brut américain avançait de 0,38 % à 57,46 $ le baril.