Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont terminé sans grand entrain mardi, à la veille de la décision de la banque centrale américaine (Fed) sur ses taux d'intérêt, une nouvelle baisse étant largement anticipée par les investisseurs.

En Europe, Paris a cédé 0,69%, Londres est restée stable (-0,03%) et Francfort a pris 0,49%. Milan a grappillé 0,33%. A Zurich, le SMI a perdu 0,39%.

A New York, le Dow Jones a lâché 0,37%, l'indice Nasdaq a pris 0,13% et l'indice élargi S&P 500 a clôturé proche de l'équilibre (-0,09%).

"Il est normal que le marché marque une pause avant un grand jour (...) les investisseurs adoptent une attitude attentiste", résume auprès de l'AFP Adam Sarhan, de 50 Park Investments.

Tous les yeux sont rivés sur le dernier rendez-vous de l'année de la Réserve fédérale, qui a débuté mardi et doit se conclure mercredi.

Selon toute vraisemblance, l'institution "procédera à une baisse des taux", relève Guy Stear, responsable chez Amundi Investment Institute.

Les marchés financiers s'attendent à une réduction d'un quart de point de pourcentage, pour ramener les taux d'intérêt dans une fourchette entre 3,50% et 3,75%.

Les investisseurs seront surtout très attentifs à l'actualisation des anticipations de court et moyen terme des membres de la Fed en matière d'évolution des taux, aussi appelée "dot plot".

"Deux camps s'opposent: une partie estime que le mandat de stabilité des prix doit dorénavant primer sur celui du plein emploi", compte tenu de la "persistance de l'inflation dans les services". D'autres "voix se sont ralliées à l'idée que la dynamique conjoncturelle demeure trop fragile" et que la "politique monétaire est trop restrictive", relève Romain Aumon, macroéconomiste chez Natixis IM.

Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le rendement des emprunts d'Etat américains à 10 ans se tendait vers 21H35 GMT, à 4,18%, contre 4,16% à la clôture la veille.

Sur le marché des changes, le billet vert ne grappillait que 0,08% à la monnaie unique européenne, à 1,1627 dollar pour un euro.

Des puces Nvidia vers la Chine

Donald Trump a annoncé lundi avoir autorisé, sous conditions, l'exportation par Nvidia de certaines de ses puces vers la Chine, après s'être entretenu avec le président chinois Xi Jinping, qui a également donné son feu vert, selon le chef de l'Etat américain.

Ce dernier a indiqué, sur son réseau Truth Social, que Nvidia reverserait à l'Etat américain 25% du chiffre d'affaires issu des ventes de ces processeurs graphiques (GPU), très recherchés pour le développement de l'intelligence artificielle (IA).

Nvidia n'a toutefois pas bénéficié de cette annonce, cédant 0,31% à 184,97 dollars à la Bourse de New York.

Cela "semblait certainement être une très bonne nouvelle", mais l'idée d'une "redevance de 25% sur la vente de ces puces" a échaudé les investisseurs, juge Steve Sosnick, d'Interactive Brokers.

Nexans chute

Le groupe de câbles Nexans a chuté de plus de 10% à Paris, et son cours a même été arrêté, après une information non sourcée du média chypriote Philenews, selon lequel la société aurait suspendu un appel d'offres sur un projet de câbles sous-marins entre la Grèce et Chypre.

L'entreprise a finalement démenti ces informations, ce qui a réduit ses pertes: le titre a terminé en recul de 6,38% à 123,30 euros.

EssilorLuxottica concurrencé par Google

Le titre du numéro un mondial de l'optique a cédé 5,57% à Paris après un article de l'agence Bloomberg selon lequel Alphabet, maison mère de Google, allait lancer en 2026 deux modèles de lunettes connectées, alimentées par son système d'IA Gemini.

Une concurrence pour les propres modèles d'EssilorLuxottica, développés avec le géant de la tech Meta (Facebook, Instagram).

Nouveau record pour l'argent, le bitcoin et l'or grimpent

L'hypothèse d'une nouvelle baisse de taux américain a porté l'argent, valeur refuge, à plus de 60 dollars l'once, un nouveau plus haut.

L'or prenait 0,46% à 4.209 dollars l'once, tandis que le bitcoin grimpait de 2,55% à 92.952 dollars.

Les cours du pétrole ont reculé, alors que les inquiétudes d'un déséquilibre entre l'offre et la demande ont pris le dessus sur les tensions géopolitiques.

Le prix du baril de Brent a perdu 0,88% à 61,94 dollars et le baril de West Texas Intermediate a lâché 1,07% à 58,25 dollars.

afp/rp