Paris (awp/afp) - Bourses en berne, pétrole à nouveau à la hausse, et des taux directeurs qui ne baissent pas: le blocus des ports iraniens annoncé par les Etats-Unis pour lundi à partir de 16h00 replongeait lundi les marchés mondiaux dans l'incertitude.

Wall Street a ouvert en baisse, dans le sillage des Bourses asiatiques et européennes lundi. Vers 15h45, le Dow Jones reculait de 0,73%, l'indice Nasdaq perdait 0,39% et l'indice élargi S&P 500 lâchait 0,35%.

Les Bourses européennes traversent la séance dans le rouge: à la même heure, Paris reculait de 0,76%, Francfort perdait 0,85%, tandis que Londres essuyait des pertes plus modestes (-0,38%). Quant à la Bourse suisse, elle voyait son indice vedette SMI abandonner 0,29% vers 16h15.

Cette morosité tranche avec l'optimisme de la semaine dernière, où les Bourses avaient conclu une semaine de net rebond, dans l'attente des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis. Finalement, les négociations au Pakistan n'ont pas abouti ce week-end.

L'armée américaine a annoncé dimanche qu'elle imposerait à partir de lundi à 14H00 GMT un blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens".

"De l'huile sur le feu"

Ce regain de tensions autour du détroit d'Ormuz a provoqué une nouvelle hausse des prix du pétrole, principal indicateur qui rassure, préoccupe ou affole les marchés boursiers.

Vers 16h15, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai rebondissait de 4,97% à 101,40 dollars, non sans avoir gagné près de 8% auparavant. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, s'échangeait à 100,13 dollars, en hausse de 5,21%.

"L'échec des négociations ce week-end entre l'Iran et les Etats-Unis était probable mais la décision de Donald Trump de bloquer le détroit d'Ormuz l'était moins", ont résumé les analystes de Natixis. "Le blocus du détroit vient rajouter de l'huile sur le feu sur les prix des matières premières", ont-ils relevé.

"La menace" du blocus des ports iraniens "peut créer de la volatilité. Mais on a le sentiment que le pire du conflit est derrière nous. Je doute que la géopolitique soit l'alpha et l'oméga des séances constamment", a pour sa part tempéré auprès de l'AFP Christopher Dembik, conseiller investissement senior chez Pictet (groupe bancaire spécialisé dans la gestion de fortune et d'actifs).

Corrélé au prix du pétrole, le dollar progresse lui aussi face aux principales devises, franc excepté. Vers 16h15, le dollar prenait 0,16% face à la monnaie unique européenne, à 1,1707 dollar pour un euro, et gagnait 0,04% contre la livre, à 1,3456 dollar, alors qu'il lâchait 0,11% face à la devise helvétique, à 07883 franc.

Le pétrole étant libellé en dollars, pour un même volume acheté, quand les prix du brut augmentent, il faut échanger davantage de sa propre monnaie en devise américaine.

Des taux toujours hauts

Anticipant des risques d'inflation, les taux d'intérêt restaient élevés sur le marché de la dette des Etats. Le rendement de la dette allemande à dix ans atteignait 3,08%, contre 3,07% vendredi. Les taux américains à dix ans se maintenaient à 4,32%, comme vendredi.

Le marché obligataire anticipe un relèvement des taux d'intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) pour réduire l'abondance des liquidités qui peuvent nourrir l'inflation. "En Europe, les taux se sont nettement retendus, les anticipations de politique monétaire devenant plus restrictives. Les tensions géopolitiques et les prix élevés de l'énergie continuent d'alimenter les craintes inflationnistes", a résumé le gestionnaire d'actifs Aurel.

Goldman Sachs en forme

Les investisseurs auront cette semaine aussi un oeil sur les résultat trimestriels des banques américaines. "Les investisseurs vont tenter un exercice d'équilibriste entre les obstacles géopolitiques et les impulsions microéconomiques", a commenté Andreas Lipkow, analyste de CMC markets.

Lundi, c'est Goldman Sachs (-3,21% à 13H45 GMT) qui a ouvert le bal, avec des résultats meilleurs qu'attendu au premier trimestre. Le groupe bancaire a dégagé un bénéfice net de 5,40 milliards de dollars (+18% sur un an) pour un consensus à 5,08 milliards.

afp/vj