Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux restent sur la défensive mercredi, tiraillés entre l'escalade des tensions au Moyen-Orient, les craintes inflationnistes et les interrogations croissantes sur les valorisations du secteur technologique avant la très attendue publication de l'inflation américaine.
"Les marchés restent sous pression alors que les investisseurs doivent faire face à une nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient et à la perspective d'une Réserve fédérale américaine plus restrictive" (Fed), commente Daniela Hathorn, de Capital.com.
L'Iran a annoncé mercredi avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes le long du détroit d'Ormuz, dans un nouvel embrasement régional.
"Le cessez-le-feu -- enfin, si l'on peut l'appeler ainsi-- a volé en éclats", résume Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.
Le président américain Donald Trump avait assuré mardi matin être proche d'un "très, très bon accord" pour mettre fin aux hostilités ouvertes le 28 février, évoquant un délai de "deux à trois jours". Mais cet optimisme a été douché plus tard dans la journée quand il a annoncé qu'un hélicoptère américain Apache avait été abattu par l'Iran et promis une réponse appropriée.
Le pétrole surprend
La recrudescence des tensions entre l'Iran et les Etats-Unis ne s'est pourtant "pas traduite par une envolée des prix du pétrole", fait remarquer Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Vers 11H30 GMT, le Brent de la mer du Nord montait de 0,74% à 92,15 dollars le baril, quand le WTI, son équivalent américain, prenait 0,91% à 89,00 dollars.
Le niveau de prix actuel ne "signifie pas que le risque géopolitique a disparu", tempère Patrick Munnelly, de Tickmill Group. "Il est simplement éclipsé pour l'instant par un positionnement plus défensif des investisseurs."
L'inflation américaine attendue
"La contrainte macroéconomique qui relie pétrole, inflation et taux d'intérêt continue de peser sur les marchés", poursuit par ailleurs M. Ielpo.
Sur les marchés d'actions plus particulièrement, la nervosité et la volatilité augmentent à l'approche de la publication plus tard mercredi de l'indice des prix à la consommation (CPI) américain du mois de mai.
"Les investisseurs craignent de plus en plus que l'inflation demeure trop persistante pour permettre à la Fed de conserver une position neutre", résume Mme Hathorn.
Des données sur l'inflation américaine supérieures aux attentes renforceraient "l'idée que les pressions inflationnistes restent profondément ancrées dans l'économie, d'autant plus que la hausse des prix de l'énergie vient s'ajouter aux autres pressions sur les coûts", poursuit l'analyste.
Un tel scénario renforcerait "les anticipations selon lesquelles la Fed pourrait finalement être contrainte de durcir davantage sa politique monétaire", estime Daniela Hathorn.
A Wall Street, les contrats à terme sur les principaux indices pointent vers une ouverture en nette baisse.
En Europe, vers 11H00 GMT, la Bourse de Paris cédait 0,73%, Francfort reculait de 1,19%, Londres lâchait 0,67%, Milan 0,48% et Zurich 0,01%.
La réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi sera scrutée. L'institution devrait monter ses taux pour la première fois depuis trois ans.
Nouvelle vague de ventes dans la tech
Les places asiatiques ont terminé en franche baisse, "toujours pénalisées par les pressions qui continuent de peser sur les valeurs liées à l'intelligence artificielle" (IA), souligne Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
L'indice sud-coréen Kospi, largement composé de valeurs technologiques, a dévissé de 4,52%.
"La chute du marché sud-coréen, l'une des expressions les plus représentatives du thème mondial de l'IA, suggère que les investisseurs réévaluent désormais la part de croissance future déjà intégrée dans les cours boursiers", estime Patrick Munnelly.
Le Nikkei japonais a perdu 1,89%, tandis que la Bourse de Taiwan a chuté de 3,31%. Hong Kong a perdu 0,64%.
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