Washington (awp/afp) - Les marchés mondiaux ont surveillé lundi les derniers développements sur le front géopolitique, digérant l'annonce d'un blocus américain des ports de l'Iran au lendemain de l'échec des pourparlers entre Washington et Téhéran.

Les Bourses européennes ont terminé la séance en légère baisse, Paris perdant 0,29%, Francfort 0,26%, tandis que Londres et Milan ont essuyé des pertes plus modestes (-0,17%). A Zurich, le SMI a cédé 0,28%.

A Wall Street, après une ouverture en baisse, les indices vedettes de la place américaine se sont finalement retournés: le Dow Jones a gagné 0,63%, l'indice Nasdaq a progressé de 1,23% et l'indice élargi S&P 500, de 1,02%.

La Bourse de New York "parie sur le fait que Donald Trump parviendra à conclure un accord" avec Téhéran, a remarqué auprès de l'AFP Peter Cardillo, de Spartan Capital Securities.

Le président américain a assuré lundi que les Iraniens "voudraient faire un accord, à tout prix", après l'échec des discussions au Pakistan pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

Wall Street avait pourtant débuté la journée dans le rouge, alors que Donald Trump a menacé lundi de "destruction" tout "navire d'attaque rapide" iranien forçant le blocus des ports de l'Iran annoncé dimanche par les Etats-Unis.

Dénonçant un acte "illégal" de "piraterie", l'Iran a averti qu'il s'en prendrait aux ports de ses voisins du Golfe si "la sécurité des ports de la République islamique (...) était menacée".

"La réaction du marché est finalement relativement modérée", observent les analystes de Briefing.com.

- Le pétrole en hausse -

Donald Trump a annoncé sur sa plateforme Truth Social que 34 navires ont franchi le détroit d'Ormuz dimanche, soit "de loin le nombre le plus élevé depuis le début de cette fermeture insensée" par l'Iran.

Un cinquième du pétrole mondial transite en temps normal par ce goulet stratégique, où Téhéran a instauré des droits de passage qui ont considérablement restreint le trafic maritime ces dernières semaines, en représailles aux attaques israélo-américaines.

Après être monté en séance jusqu'à 103,87 dollars, le prix du baril de Brent de la mer du Nord - référence internationale de brut - est finalement repassé sous le seuil des 100 dollars en clôture, à 99,36 dollars (+4,37%).

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, a avancé de 2,60% à 99,08 dollars.

En outre, "la menace" du blocus des ports iraniens "peut créer de la volatilité. Mais on a le sentiment que le pire du conflit est derrière nous. Je doute que la géopolitique soit l'alpha et l'oméga des séances constamment", a pour sa part tempéré auprès de l'AFP Christopher Dembik, conseiller investissement senior chez Pictet.

- "Exercice d'équilibriste" -

"Ce qui sera le vrai révélateur" des effets de la guerre au Moyen-Orient, ce seront "les résultats d'entreprise", a affirmé Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché à IG France, et surtout "les projections" des trimestres à venir.

"Les investisseurs vont tenter un exercice d'équilibriste entre les obstacles géopolitiques et les impulsions microéconomiques", a commenté Andreas Lipkow, analyste de CMC markets.

Lundi, c'est Goldman Sachs (-1,89% à 890,63 dollars en clôture à Wall Street) qui a ouvert le bal, avec des résultats meilleurs qu'attendu au premier trimestre. Le groupe bancaire a dégagé un bénéfice net de 5,40 milliards de dollars (+18% sur un an), alors que le consensus des analystes prévoyait 5,08 milliards.

Les performances financières de JP Morgan (+1,14%), Wells Fargo (+1,41%) et Citigroup (+1,48%) sont attendues mardi à New York.

"Les entreprises les plus dépendantes à l'énergie donneront probablement des prévisions prudentes" lors de la publication de leurs résultats, "compte tenu de la nouvelle réalité des prix", a expliqué auprès de l'AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.

afp/rp