Washington (awp/afp) - Un vent d'optimisme a soufflé sur les Bourses mondiales mercredi, après les propos du président américain Donald Trump envisageant la fin de la guerre en Iran d'ici deux à trois semaines.

Les places européennes ont terminé en forte hausse, la Bourse de Paris prenant 2,10%, Francfort 2,73%, Londres 1,85% et Milan grimpant de 3,17%. A Zurich, le SMI a terminé sur un gain de 1,68%.

Aux Etats-Unis, Wall Street a clôturé dans le vert pour la deuxième séance d'affilée: le Dow Jones a pris 0,48%, l'indice Nasdaq a avancé de 1,16% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 0,72%.

La place new-yorkaise "a traversé une période de baisse excessive, (...) un rebond s'imposait", commente auprès de l'AFP Tom Cahill, de Ventura Wealth Management.

"Et l'annonce d'une éventuelle trêve dans la guerre au Moyen-Orient a été le catalyseur qui a fait grimper le marché", ajoute l'analyste.

Le président américain a dit mardi que les Etats-Unis partiront "très bientôt" de l'Iran, parlant d'un délai de "deux, peut-être trois semaines".

Il a aussi assuré mercredi que le président iranien réclamait un cessez-le-feu, mais a conditionné toute trêve à une réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le pétrole du Moyen-Orient, actuellement bloqué par l'Iran.

"Mais les informations qui circulent sont assez contradictoires", remarque Tom Cahill.

Et "il subsiste encore des zones d'ombre importantes", abonde Fawad Razaqzada, analyste de marché pour Forex.com.

Le pouvoir iranien a rejeté les affirmations de Donald Trump et a assuré que le détroit d'Ormuz resterait fermé aux "ennemis" du pays.

Du côté des opérations militaires, l'armée iranienne a annoncé mercredi soir avoir mené une nouvelle vague de frappes contre Israël et des bases américaines dans le Golfe.

"Tout cela contribue à créer un climat très déroutant pour les investisseurs", résume M. Cahill, qui ajoute que "nous en saurons plus ce soir grâce à l'allocution du président."

Donald Trump doit prendre la parole à 21H00 (01H00 GMT jeudi) pour "donner de nouvelles informations importantes sur l'Iran", selon la Maison Blanche.

"Comme les actions américaines ont été plus résilientes, le potentiel de hausse est plus fort côté européen", souligne Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement à Pictet AM.

Accalmie sur le pétrole

Les propos de Donald Trump ont aussi calmé le prix du pétrole, "mais un Brent se maintenant autour de 100 dollars le baril montre que le marché n'est pas encore totalement convaincu", tempère Fawad Razaqzada.

Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juin, a perdu 2,70% à 101,16 dollars, après avoir chuté de plus de 5%.

Son équivalent américain, le WTI, pour livraison en mai, a reculé de 1,24% à 100,12 dollars.

"Il y a tout simplement trop d'incertitudes, tant sur les perturbations de l'offre que sur l'escalade géopolitique, pour que les prix puissent réellement se réajuster significativement à la baisse pour l'instant", résume M. Razaqzada.

Le dollar se replie

Le billet vert perdait aussi du terrain dans le sillage du brut: vers 20H30 GMT, il lâchait 0,29% face à la monnaie unique européenne à 1,1586 dollar pour un euro.

"Le dollar a été le refuge idéal après le début du conflit", remarque auprès de l'AFP Adam Button, de ForexLive, car les Etats-Unis - premier producteur mondial de brut - sont techniquement moins exposés à un choc pétrolier.

La devise américaine a aussi profité de la flambée des prix des hydrocarbures, libellés en dollar.

Détente sur le marché obligataire

La détente se faisait également sentir sur le marché de la dette des États, plombé par les risques d'inflation qui préoccupent les créanciers.

Le taux d'intérêt des emprunts de l'Allemagne à échéance dix ans repassait sous la barre des 3% pour la première fois depuis plusieurs jours (2,99%). Son équivalent français affichait un rendement de 3,68% sur dix ans, contre 3,72% la veille.

Les taux d'intérêt montent avec les risques d'inflation car les créanciers demandent des garanties face à l'érosion de la valeur de leur capital prêté.

afp/rp