Paris (awp/afp) - Les marchés mondiaux traversaient une nouvelle séance morose lundi, entre Bourses en berne et pétrole à nouveau en hausse, après l'annonce du blocus des ports iraniens, fixé par les Etats-Unis à partir de 16h00.

Les Bourses européennes ont terminé la séance en légère baisse, Paris perdant 0,29%, Francfort 0,26%, tandis que Londres et Milan ont essuyé des pertes plus modestes (-0,17%). La Bourse suisse a elle cédé 0,28%.

Wall Street évoluait en ordre dispersé, après avoir ouvert en baisse: vers 17h45, le Dow Jones perdait 0,53%, tandis que le Nasdaq grappillait 0,32%. L'indice élargi S&P 500 était à l'équilibre.

Cette incertitude tranche avec l'optimisme de la semaine dernière, où les Bourses avaient conclu une semaine de net rebond, dans l'attente des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis. Mais ces négociations ont échoué et Donald Trump a annoncé un "blocus" sur le détroit d'Ormuz, renvoyant les investisseurs à la crainte de voir rester paralysé ce passage stratégique, où transite quelque 20% des flux mondiaux de pétrole et de gaz.

"Les marchés sont plus nerveux que la semaine dernière, sans pour autant que ce soit la panique", note Alexandre Baradez, responsable de l'analyse marché à IG France.^Reste que l'heure fixée par les Etats-Unis pour le blocus des ports iraniens, à 16h00 lundi, est passée, sans que l'armée américaine ne confirme l'effectivité du blocus.

L'heure fatidique passée, la baisse des marchés d'actions européens s'est légèrement tassée, et le Nasdaq est repassé dans le vert. "Le marché des actions se montre plus optimiste que celui de l'énergie, avec une normalisation plus rapide", estime Alexandre Baradez, pour qui "la question est de savoir s'il n'est pas trop optimiste".

Pétrole en hausse

Car le regain de tensions autour du détroit d'Ormuz a provoqué une nouvelle hausse des prix du pétrole. Vers 17h30, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai rebondissait de 6,23% à 102,59 dollars. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin, référence mondiale, s'échangeait à 101,70 dollars, en hausse de 6,83%.

"La menace" du blocus des ports iraniens "peut créer de la volatilité. Mais on a le sentiment que le pire du conflit est derrière nous. Je doute que la géopolitique soit l'alpha et l'oméga des séances constamment", a pour sa part tempéré auprès de l'AFP Christopher Dembik, conseiller investissement senior chez Pictet.

Corrélé au prix du pétrole, le dollar progresse lui aussi. Vers 15h30, le dollar prenait 0,14% face à la monnaie unique européenne, à 1,1707 dollar pour un euro, et gagnait 0,23% contre la livre, à 1,3453 dollar.

Le pétrole étant libellé en dollars, pour un même volume acheté, quand les prix du brut augmentent, il faut échanger davantage de sa propre monnaie en devise américaine.

"Exercice d'équilibriste"

"Ce qui sera le vrai révélateur" des effets de la guerre au Moyen-Orient, ce seront "les résultats d'entreprise", affirme Alexandre Baradez, et surtout "les projections" des trimestres à venir. "Les investisseurs vont tenter un exercice d'équilibriste entre les obstacles géopolitiques et les impulsions microéconomiques", a commenté Andreas Lipkow, analyste de CMC markets.

Lundi, c'est Goldman Sachs (-3,60% à 15H45 GMT) qui a ouvert le bal, avec des résultats meilleurs qu'attendu au premier trimestre. Le groupe bancaire a dégagé un bénéfice net de 5,40 milliards de dollars (+18% sur un an) pour un consensus à 5,08 milliards.

Des taux directeurs toujours élevés

Anticipant des risques d'inflation, les taux d'intérêt restaient élevés sur le marché de la dette des Etats. Le rendement de la dette allemande à dix ans atteignait 3,09%, contre 3,07% vendredi. Les taux américains à dix ans s'établissaient à 4,33%, contre 4,32% vendredi.

afp/vj