New York (awp/afp) - Les marchés occidentaux ont battu en retraite jeudi, affectés par la situation confuse au Moyen-Orient et la hausse du pétrole, la tech souffrant particulièrement.
Tous les indices européens ont terminé dans le rouge, avec le plus fort recul pour Francfort (-1,50%), suivi par Londres (-1,33%), Paris (-0,98%) et Milan (-0,71%). A Zurich, le SMI a terminé en recul de 0,60%.
A Wall Street, le Dow Jones a clôturé en baisse de 1,01%, l'indice élargi S&P 500 de 1,74%, mais c'est l'indice Nasdaq, riche en valeurs technologiques, qui a particulièrement souffert, glissant de 2,38%.
"C'est un ensemble de facteurs", a dit Kim Forrest, responsable des investissements chez Bokeh Capital Partners.
La guerre au Moyen-Orient "rend les investisseurs vraiment nerveux", a-t-elle expliqué.
La confusion continue de régner concernant les contacts entre Etats-Unis et Iran pour tenter de mettre fin au conflit qui les oppose.
L'émissaire spécial de la Maison Blanche, Steve Witkoff, a fait état de "signaux forts" selon lesquels un accord était possible, et confirmé avoir soumis à Téhéran un plan de cessation des hostilités en 15 points.
Mais des médias ont relayé des commentaires critiques d'officiels iraniens sur le plan, jugé déséquilibré.
Cette absence d'avancée concrète et la perspective d'une prolongation de la guerre, qui approche de son premier mois, ont dopé les cours du pétrole, assombrissant encore un peu plus l'humeur de la place new-yorkaise.
Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en mai a clôturé en progression de 4,61% à 94,48 dollars.
Quant au baril de Brent de la mer du Nord pour le même mois, il a lui grimpé de 5,66% sur la séance, pour finir à 108,01 dollars, frôlant même les 110 dollars pour la première fois depuis son décrochage de lundi.
"À chaque séance durant laquelle le prix du pétrole reste au-dessus de 100 dollars, le climat sur le marché actions se dégrade. Le risque de stagflation augmente constamment et peut conduire à une récession, en particulier en Europe", estime Andreas Lipkow, de CMC Markets.
"On est sur un marché qui continue d'afficher davantage de prudence, mais on est loin d'un scénario de panique et de capitulation des investisseurs. Nous ne sommes pas sur un scénario qui envisage une récession", a néanmoins tempéré Amélie Derambure, gestionnaire de portefeuilles à Amundi.
"D'une manière globale, ce qui est intéressant, c'est de voir qu'une grande majorité des investisseurs continue de penser que la guerre sera achevée avant la fin du mois d'avril", ajoute-t-elle.
Meta visé
Le groupe californien, qui a lâché 7,96% sur la séance, vient d'essuyer, en deux jours, deux condamnations majeures dans des procès mettant en cause la conception même de ses réseaux sociaux et ses conséquences pour les jeunes utilisateurs.
Ces deux jugements créent un précédent qui pourrait influer sur les centaines de procédures encore en cours contre Meta sur les mêmes bases, mettant l'entreprise sous pression financière et de l'opinion publique.
Dans la foulée, d'autres opérateurs de réseaux, sociaux, Reddit (-8,85%) et Snap (-10,69%), ont dévissé.
Google a également été condamné mercredi par un tribunal de Los Angeles pour sa gestion de YouTube, mais son modèle très diversifié a permis à sa maison mère de limiter la casse (-3,06%).
Le secteur de la tech a aussi été plombé par la dégringolade des fabricants de puces mémoire, sous l'effet de la présentation, mardi, d'un nouvel algorithme qui réduirait de plus de 80% les besoins en mémoire pour l'utilisation des grands modèles d'intelligence artificielle (IA).
Jeudi, les grands noms américains de ce secteur comme Micron (-6,97%), Sandisk (-11,02%) ou Western Digital (-7,70%) sont restés nettement dans le rouge.
L'or sous pression
L'once d'or est tombée sous les 4.500 dollars, soit environ 1.000 dollars en dessous des sommets atteints fin janvier.
A 21H30 GMT, l'once d'or valait 4.376,11 dollars (-2,88%).
"On avait eu beaucoup d'investisseurs particuliers qui avaient acheté de l'or dans une dynamique de profits à court terme. Ils sont sortis massivement de ces investissements depuis le déclenchement du conflit. Ils ont tiré à la baisse le marché de l'or", décrypte Amélie Derambure, d'Amundi.
Les taux d'emprunt des États en hausse
Signe d'inquiétude, les taux d'intérêt à dix ans sur la dette des États remontent jeudi.
Référence en Allemagne, le taux du Bund allemand repassait la barre des 3%, à 3,07% contre 2,95% la veille. Son équivalent français flirtait avec les 3,80%, contre 3,65% mercredi.
Le taux des bons du Trésor américains à dix ans s'élevaient à 4,41% contre 4,30% la veille.
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