Washington (awp/afp) - Les marchés mondiaux ont globalement joué la carte de la prudence mardi, surveillant la publication d'indicateurs macroéconomiques aux Etats-Unis et en Europe et scrutant les négociations pour mettre un terme à la guerre en Ukraine.
En Europe, la Bourse de Paris a perdu 0,28%, Londres est restée à l'équilibre (-0,01%), quand Francfort a gagné 0,51% et Milan 0,22%. A Zurich, le SMI a gagné 0,31%.
A Wall Street, le Dow Jones a avancé de 0,39%, l'indice Nasdaq a gagné 0,59% et l'indice élargi S&P 500 a progressé de 0,25%.
"Une atmosphère de calme règne sur les marchés", note Fawad Razaqzada, analyste marchés à Forex.com. "L'absence de nouvelles majeures a certainement contribué à ce ton plus serein".
Les investisseurs européens ont digéré la publication d'une inflation à 2,2% sur un an en zone euro novembre, contre 2,1% le mois précédent. C'est un peu plus que ce qu'escomptaient les analystes interrogés par Bloomberg, qui tablaient sur un maintien à 2,1%.
"L'inflation des services a légèrement augmenté, mais devrait s'atténuer à mesure que la croissance des salaires continue de ralentir, tandis que l'inflation des biens reste inchangée et relativement faible", relève Christophe Boucher, directeur des investissements à ABN AMRO.
Outre-Atlantique, "l'appétit pour le risque a repris aujourd'hui à Wall Street et les actions se remettent de leur chute de lundi", résume Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Côté macroéconomique, "l'enthousiasme suscité par la perspective d'une baisse des taux de la Fed (Réserve fédérale américaine) pourrait évoluer cette semaine, alors que les participants vont analyser de nouvelles données au cours des trois prochains jours", ajoute l'analyste.
Pour le moment, une baisse des taux d'un quart de point est largement anticipée par les acteurs du marché à l'issue du prochain rendez-vous de l'institution monétaire, les 9 et 10 décembre.
La place new-yorkaise attend mercredi le rapport mensuel sur les créations d'emplois dans le secteur privé pour novembre puis, vendredi, l'inflation pour le mois de septembre.
La publication de plusieurs indices américains clés a été retardée en raison de la paralysie budgétaire ("shutdown") de 43 jours qui a touché les Etats-Unis.
Les investisseurs veulent aussi "avoir un aperçu des perspectives de la Fed pour 2026", remarque M. Torres.
Sur le marché obligataire, le rendement à échéance dix ans des emprunts de l'Etat américain se détendait légèrement à 4,08% vers 21H15 GMT, contre 4,09% à la clôture lundi.
Côté changes, le dollar perdait 0,11% face à l'euro, à 1,1623 dollar pour un euro.
L'Ukraine en ligne de mire
Les opérateurs restent aussi prudents en attendant des nouvelles sur d'éventuelles avancées pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Le président russe Vladimir Poutine et l'émissaire américain Steve Witkoff ont débuté mardi soir à Moscou des pourparlers sur le plan américain.
Une délégation de Kiev pourrait rencontrer mercredi Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, en Europe après leurs pourparlers à Moscou, selon une source ukrainienne à l'AFP.
Cela rend "le marché (du pétrole) quelque peu nerveux, étant donné qu'il fluctue au gré des perspectives d'un accord de paix", explique auprès de l'AFP John Kilduff, d'Again Capital.
Le prix du baril de Brent a reculé de 1,14% à 62,45 dollars et le baril de West Texas Intermediate a perdu 1,15% à 58,64 dollars.
Le bitcoin se reprend
Après son fort recul de la veille dû à un contexte général de prudence, le bitcoin est remonté lundi au-dessus des 90.000 dollars.
Vers 21H30 GMT, la star des cryptomonnaies prenait 5,84% à 91.498 dollars.
Dans son sillage, les valeurs liées au cryptoactifs --également plombées la veille-- ont repris des couleurs à la Bourse de New York, comme les plateformes d'échange Coinbase (+1,32% à 263,26 dollars) et Robinhood (+2,20% à 125,95 dollars).
Bayer voit vert
La séance a profité à Bayer qui a grimpé de 12,08% à Francfort.
Le groupe agrochimique et pharmaceutique a reçu le soutien du gouvernement américain dans le cadre de la vague de litiges lié aux risques potentiels de cancer du désherbant Roundup.
Dans une lettre publiée lundi, le principal avocat du gouvernement du président Donald Trump a demandé à la Cour suprême des États-Unis de se saisir de l'affaire.
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