Paris (awp/afp) - Les marchés boursiers ont ouvert mardi sans direction claire en Europe, réagissant, selon les contextes locaux, aux menaces sur le cessez-le-feu au Moyen-Orient qui pèsent sur les prix du pétrole.

Trois places boursières (Paris +0,69%, Francfort +0,83% et Milan +1,48%) progressaient en attendant d'y voir plus clair sur le front du conflit entre l'Iran et les États-Unis.

Au contraire, Londres (-0,85%) privilégiait les prises de bénéfice avec la baisse du prix du brut après la nouvelle flambée de la veille.

Le Moyen-Orient semble redevenu la préoccupation principale des marchés boursiers, tout comme la saison des résultats qui confirme la bonne tenue des entreprises technologiques.

"Les actions américaines atteignent des niveaux record sur fond de perturbations persistantes de l'offre au Moyen-Orient", soulignent les analystes du fonds d'investissement BlackRock.

"Nos perspectives dépendent de la réouverture de la principale voie maritime du détroit d'Ormuz", nuancent les analystes de BlackRock. "Si cela ne se produit pas, même les actions américaines ne seront pas épargnées, à notre avis".

Analyste de marchés pour Hargreaves Lansdown, Matt Britzman relève le "trimestre solide" du groupe d'analyse de données Palantir, signe que "la demande pour sa plateforme d'intelligence artificielle continue de s'accélérer aussi bien auprès de ses clients commerciaux que des agences gouvernementales".

Mais les marchés vont vivre aussi mardi dans l'attente de la conférence de presse du ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, et du chef d'état-major de l'armée, le général Dan Caine, mardi matin à Washington.

L'armée américaine a annoncé avoir détruit six bateaux iraniens, ce que Téhéran dément.

La journée de lundi a été marquée par la reprise des frappes iraniennes contre les Emirats arabes unis (EAU).

"Le récit dominant du marché est passé de l'optimisme autour de l'intelligence artificielle aux tensions au Moyen-Orient", résume Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote.

Les marchés européens sont en outre fragilisés par les nouvelles menaces tarifaires du président américain Donald Trump.

"La menace du président Donald Trump d'alourdir les droits de douane sur les importations automobiles en provenance de la région a pesé sur les valeurs automobiles", insiste Natixis.

En Asie, Hong Kong reculait (-0,82%).

Le pétrole toujours très cher

Les menaces sur la trêve pesaient sur les prix du pétrole, en léger recul après la flambée de la veille.

A 07H30 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence du brut en Europe, s'échangeait à 113,41 dollars (-0,90% par rapport à la veille). L'équivalent américain du WTI restait au-dessus des 100 dollars (104,24, -0,90%).

En glissement annuel, les deux références ont augmenté de plus de 80%.

"Les marchés sont partagés sur fond de bons résultats (des entreprises) et d'un prix du pétrole élevé", souligne Derren Nathan, responsable de la recherche actions d'Hargreaves Lansdown.

"Inquiétudes inflationnistes"

"Cette hausse soudaine, alimentée par la crainte que les tensions entre les États-Unis et l'Iran ne menacent un fragile cessez-le-feu, a ravivé les inquiétudes inflationnistes", soulignent les analystes de Natixis.

Les marchés anticipent des hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE) pour durcir les conditions d'accès au crédit, au risque de compromettre l'activité.

Sur le marché obligataire le rendement du "Bund" allemand à dix ans s'affichait à 3,07%, pratiquement sans changement par rapport à la veille (3,08%). Son équivalent français se tassait à 3,72% contre 3,75% la veille.

afp/jh