Les derniers résultats trimestriels des géants de la technologie ont donné aux investisseurs de solides raisons de maintenir leurs positions sur la thématique de l'IA, soutenant ainsi les marchés actions malgré les perturbations sans précédent sur les marchés pétroliers qui ont assombri les perspectives de croissance économique.

Nvidia a clôturé la série de publications du groupe dit des 'Sept Magnifiques', qui comprend Alphabet, Apple, Microsoft, Amazon.com, Meta Platforms et Tesla.

Voici quelques graphiques illustrant l'etat des lieux :

LA CROISSANCE DE NVIDIA SURPASSE CELLE DE SES PAIRS

La croissance du chiffre d'affaires au sein des Sept Magnifiques reste très hétérogène, le rythme effréné de Nvidia lui permettant de conserver une avance dominante.

Les ventes du fabricant de puces se sont envolées grâce à la demande en infrastructures d'IA, consolidant son statut de première capitalisation boursière mondiale.

En comparaison, les autres membres du groupe progressent à un rythme bien plus régulier, bien qu'ils prévoient tous d'injecter des milliards dans leurs projets d'IA, avec l'espoir d'en récolter des profits substantiels dans les années à venir.

LA COURSE AUX CENTRES DE DONNÉES ALIMENTE LA FRÉNÉSIE D'EMPRUNT

Pour financer leurs ambitions démesurées dans l'IA, les Sept Magnifiques se sont tournés de plus en plus vers les marchés obligataires.

Les émissions obligataires du groupe ont bondi, les ventes de titres de créance atteignant déjà 134 milliards de dollars depuis le début de l'année, contre un total de 87,5 milliards de dollars pour l'ensemble de l'année 2025, selon les données de Dealogic.

Cette envolée annuelle a été portée par Alphabet, Amazon et Meta -- des entreprises au coeur de la course au déploiement des infrastructures d'IA, telles que les centres de données.

LA FOI DANS L'IA PORTE LE REBOND BOURSIER

Après un début d'année irrégulier et une volatilité accrue suite au conflit au Moyen-Orient, les actions des poids lourds de la technologie ont retrouvé leur dynamique.

Les investisseurs parient sur les promesses à long terme de cette technologie, même s'ils s'inquiètent du délai de retour sur investissement pour ces entreprises.

Toutefois, la hiérarchie a parfois semblé vaciller. Alphabet, qui a stupéfié Wall Street avec une croissance dans le cloud dépassant celle de ses grands rivaux, a failli ravir à Nvidia le titre de société la plus chère au monde, avant de refluer depuis lors.

LA CONCENTRATION TECHNOLOGIQUE PORTE SES FRUITS

La croissance des bénéfices des Sept Magnifiques devrait se stabiliser à l'horizon 2027, bien que le groupe doive encore surperformer l'indice large S&P 500, selon les données de Tajinder Dhillon, responsable de la recherche sur les résultats chez LSEG.

Cette tendance renforce l'opinion des investisseurs haussiers selon laquelle la concentration du marché sur les mégacaps technologiques repose sur des fondamentaux plutôt que sur une simple exubérance.

'Il n'y a aucune raison pour que les investisseurs changent de stratégie, car la composition actuelle et concentrée des indices a joué en leur faveur', a déclaré Isabelle Freidheim, fondatrice et associée gérante chez Athena Capital.

LE BOOM DU CAPEX POURRAIT PESER SUR LES RACHATS D'ACTIONS

Les dépenses d'investissement (Capex) des sociétés du S&P 500 devraient s'accélérer nettement au cours des prochaines années, soulevant des interrogations sur les liquidités qui resteront disponibles pour la rémunération des actionnaires.

Le Capex des entreprises du S&P 500 devrait croître de 33% en 2026, contre une progression de seulement 3% pour les rachats d'actions, selon les données de Goldman Sachs.