A moins de six mois des midterms, les projections montrent que les Républicains devraient perdre la majorité à la Chambre des Représentants. Et le président Trump ne fait rien pour inverser la dynamique.
"Je ne pense pas à la situation financière des Américains, je ne pense à personne. Je ne pense qu'à une chose : nous ne pouvons pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire, c'est tout" déclarait-il la semaine dernière, juste avant son départ pour la Chine.
Des commentaires qui donnent l’impression d’un président déconnecté de la réalité de la vie des Américains. Et ce alors que sa cote de popularité a plongé depuis le début de la guerre en Iran. Une guerre très impopulaire dont les Américains subissent les conséquences.
Les prix de l’essence sont au plus haut depuis 4 ans, à 4.56 dollars le gallon en moyenne selon l’AAA. Plus largement, l’inflation a progressé de 0.6% en rythme mensuel en avril. Selon Bank of America, une progression de 0.4% chaque mois porterait l’inflation à 5% en rythme annuel, d’ici aux midterms.
Mais le président Trump semble avoir d’autres priorités. Mardi, il a improvisé une conférence de presse devant le chantier de la salle de bal, vantant les mérites du bâtiment et promettant que le projet était entièrement financé par de l’argent privé (dont le sien). Cependant, les sénateurs républicains réclament un milliard de dollars de fonds publics pour le Secret Service, afin de financer les différents dispositifs de sécurité pour ce nouveau bâtiment.
Cette salle de bal est en quelque sorte le point d’orgue d’une grande transformation de la Maison Blanche, entreprise par Donald Trump depuis son retour au pouvoir il y a un an. On peut notamment citer la rénovation de plusieurs pièces dont le Bureau Ovale, la bétonisation du Rose Garden, ou encore la mise en place d’une galerie des portraits (Presidential Walk of Fame). Plus largement, il s’est beaucoup investi dans des projets de rénovation à Washington : Kennedy Center, Reflecting Pool… De grands projets loin des préoccupations de ses concitoyens.
Le président Trump est aussi régulièrement critiqué pour utiliser la présidence à des fins personnelles. En début de semaine, il a abandonné ses poursuites contre l’administration fiscale (IRS), à qui il réclamait 10 milliards de dollars. Mais en échange, il a obtenu la mise en place d’un fonds de 1.776 milliard de dollars destiné à indemniser les victimes d'instrumentalisation politique, qui devrait essentiellement bénéficier à ses alliés ou à ses partisans. Cet accord exonère également Donald Trump, sa famille et ses entreprises de toute poursuite sur d’éventuels arriérés d’impôts.
Enfin, sa volonté de purger le parti Républicain pourrait in fine affaiblir les chances du GOP en novembre. Hier, sur Truth Social, il se félicitait d’avoir enregistré "37 victoires, zéro défaite" dans les primaires Républicaines qui se tenaient dans 6 Etats. En effet, tous les candidats qu’il a soutenus sont sortis victorieux, y compris face à des sortants. Dans le Kentucky, le candidat soutenu par Trump l’a emporté face à Thomas Massie, un des rares opposants à Trump dans le parti. La primaire a été la plus chère de l’histoire.
Si la victoire de candidats MAGA (Make America Great Again) renforce encore un peu plus l’emprise de Trump sur le parti Républicain, ces profils plus radicaux sont moins susceptibles de l’emporter en novembre face aux démocrates.
Le scénario pourrait ainsi rappeler les dernières élections de mi-mandat. En 2022, les midterms devaient se traduire par une "vague rouge". Les Républicains n’ont finalement repris que la Chambre des Représentants, tandis que les démocrates avaient conservé la majorité au Sénat.
Mais les élections de mi-mandat ne sont peut-être pas une préoccupation pour Donald Trump. Il est de toute façon dans son second mandat et approche les 80 ans. C’est sans doute davantage la question de l’héritage qui l’intéresse, d’où sa focalisation sur les grands travaux.























