Les recettes de la Russie issues des exportations de pétrole brut et de produits raffinés ont de nouveau reculé en octobre, en raison de la diminution des volumes exportés et de la faiblesse des prix, a indiqué jeudi l'Agence internationale de l'énergie (AIE). L'agence souligne toutefois que les exportations pétrolières russes restent globalement stables jusqu'à présent.
L'industrie énergétique, vitale pour la Russie, subit une pression croissante à la suite de l'intensification des frappes de drones ukrainiens contre les raffineries et les oléoducs, ainsi que des sanctions occidentales liées au conflit en Ukraine.
Washington a accentué la pression sur Moscou en imposant, le mois dernier, des sanctions contre les deux principaux producteurs pétroliers russes, Rosneft et Lukoil, fixant au 21 novembre la date limite pour mettre fin aux transactions avec ces entreprises.
L'AIE, basée à Paris, précise que les revenus russes issus des ventes de pétrole brut et de carburants se sont établis à 13,1 milliards de dollars en octobre, soit une baisse de 2,3 milliards de dollars par rapport au même mois de l'année précédente.
Les exportations russes de brut et de produits pétroliers ont diminué de 150 000 barils par jour pour atteindre 7,4 millions de barils par jour (Mb/j) en octobre, inversant la hausse observée en septembre, selon l'agence.
De nouveaux exportateurs émergent
D'après les données préliminaires de suivi des pétroliers et l'analyse de l'AIE, trois nouveaux acteurs du marché ont exporté environ 1 million de barils par jour de brut et de produits pétroliers russes en octobre.
MorExport, RusExport et NNK n'opèrent sur le marché que depuis mai 2025, précise l'agence.
« La capacité du pays à former rapidement de nouvelles sociétés de transport pétrolier et à déplacer davantage de volumes via sa flotte sanctionnée montre que l'avenir des exportations russes de brut et de produits raffinés dépendra des mesures d'application et des choix d'approvisionnement des principaux acheteurs », indique l'AIE.
Impact des attaques ukrainiennes
« Les récentes attaques ukrainiennes contre les infrastructures de raffinage et de production pétrolière ont contribué à la baisse de 110 000 barils par jour des exportations de brut, qui s'établissent juste au-dessus de 5 millions de barils par jour », détaille l'AIE dans son rapport mensuel.
L'agence note également que les exportations de produits pétroliers ont reculé pour le deuxième mois consécutif, de 40 000 barils par jour, à 2,3 millions de barils par jour, atteignant leur niveau le plus bas depuis 2017 et accentuant la tension sur les marchés internationaux des produits raffinés.
L'AIE ajoute que la production pétrolière russe, hors condensats de gaz, est restée inchangée en octobre par rapport à septembre, à 9,28 millions de barils par jour, soit environ 20 000 barils par jour de moins que l'objectif fixé par le groupe OPEP+, qui réunit les principaux producteurs mondiaux.
Ce chiffre est à comparer aux 9,328 millions de barils par jour évalués par le groupe de producteurs OPEP.
« Si les exportations russes de brut sont restées globalement stables avant l'échéance du 21 novembre, les données récentes montrent qu'une partie de ce pétrole commence à s'accumuler en mer, certains acheteurs évitant les cargaisons en raison de problèmes de conformité et d'autres incertitudes », souligne l'AIE.
Selon l'agence, la capacité de production pétrolière durable de la Russie -- soit les niveaux pouvant être atteints en 90 jours et maintenus sur une longue période -- est de 9,4 millions de barils par jour, ce qui limite sa marge de manoeuvre pour augmenter sa production.
L'offre de pétrole brut du Kazakhstan a fortement chuté de 240 000 barils par jour, à 1,7 million de barils par jour en octobre, principalement en raison de travaux de maintenance sur le champ de Tengiz, précise l'AIE.


















