Francfort (awp/afp) - La compagnie aérienne allemande Lufthansa fête mercredi son centième anniversaire dans un contexte tendu marqué par la multiplication des grèves et les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.

L'événement se déroule dans un climat social inflammable, en pleine journée de grève des salariés à l'appel du syndicat UFO représentant le personnel de cabine.

D'autres grèves ont eu lieu ces derniers mois mobilisant également les pilotes. Elles ont provoqué depuis le début de l'année la suppression de milliers de vols.

La cérémonie du centenaire s'est déroulée dans un hangar du plus grand aéroport d'Allemagne à Francfort, décoré d'anciens avions de la compagnie à la grue et accompagnée de musique rap sur scène, en présence du chancelier allemand.

Friedrich Merz a été interpellé par le président du conseil de surveillance de Lufthansa Karl-Ludwig Kley. Le dirigeant l'a enjoint à "engager un débat au sein du gouvernement sur la codification du droit de grève, avant que celle-ci ne devienne un désavantage concurrentiel encore plus important pour notre pays".

Mais le chancelier n'a pas évoqué dans son discours le mouvement social en cours, revenant simplement sur le rôle "clé" de Lufthansa dans l'histoire de l'économie allemande.

En marge de ces célébrations, un rassemblement du personnel de bord s'est tenu à l'appel du syndicat UFO. Son président, Joachim Vázquez Bürger a invité la direction du groupe "à saisir cette occasion pour remettre en question sa conception du partenariat social".

Michael Niggemann, membre du directoire du groupe Lufthansa, a quant à lui estimé que ce nouvel appel à la grève montrait "de façon alarmante à quel point le sort de nos passagers et l'avenir de Lufthansa étaient totalement indifférents" aux yeux du syndicat.

Une autre grève, menée par le syndicat des pilotes Vereinigung Cockpit (VC), se poursuit sur les questions des retraites et des salaires.

VC a regretté mercredi que Lufthansa ait rejeté sa "proposition de médiation". Cela augmente le risque "que les conflits collectifs s'enveniment davantage au lieu de contribuer activement à une désescalade", a estimé le syndicat.

Lufthansa, principale compagnie du premier groupe européen de transport aérien, qui compte également les compagnies SWISS, Austrian Airlines, Brussels Airlines, ITA Airways, Edelweiss, Eurowings et une branche cargo, fait également face depuis plusieurs semaines aux conséquences économiques de la guerre au Moyen-Orient.

Selon un courrier interne du directoire de Lufthansa cité mercredi par le quotidien économique Handelsblatt, la direction a imposé un vaste plan d'économies en raison de l'incertitude économique liée au conflit.

afp/al