Le programme de vols de Lufthansa a été significativement perturbé ce vendredi par un débrayage d'une journée du syndicat du personnel de cabine UFO. Il s'agit du troisième arrêt de travail en deux mois pour la compagnie, affectant particulièrement les opérations sur ses hubs de Francfort et Munich.

La grève, prévue de 00h01 à 22h00 heure locale (22h01 GMT jeudi à 20h00 GMT vendredi), a touché tous les départs de Lufthansa depuis ses principaux centres de correspondances, tandis que le personnel de cabine de Cityline a rejoint le mouvement dans neuf autres aéroports allemands. Selon l'opérateur aéroportuaire Fraport, des dizaines de milliers de passagers seront impactés par les annulations et les retards.

Le syndicat UFO a précisé que ce conflit social découle de l'impasse des négociations sur les conditions de travail de 19 000 personnels navigants commerciaux, ainsi que sur les modalités de licenciement de quelque 800 employés de Cityline, la filiale régionale de Lufthansa en phase de démantèlement.

"Cette escalade était prévisible depuis longtemps", a déclaré Harry Jaeger, négociateur en chef pour UFO. "Nous aurions vivement souhaité l'éviter."

Fraport, l'exploitant de l'aéroport de Francfort, a fait état d'environ 580 annulations de vols, touchant près de 72 000 passagers sur les 1 350 vols et 155 000 voyageurs initialement attendus pour la journée. Fraport a toutefois souligné que ces chiffres englobent l'ensemble des compagnies opérant sur la plateforme, et non la seule Lufthansa, et qu'ils pourraient évoluer au fil de la journée.

Jens Ritter, directeur de la marque Lufthansa Airlines, a fustigé une grève "totalement disproportionnée", affirmant que "les réglementations du passé ne nous porteront pas vers l'avenir ; nous devons en discuter avec le syndicat". Il a également soutenu que la compagnie propose des conditions d'emploi parmi les meilleures du secteur.

Les précédents débrayages des personnels de cabine et des pilotes de Lufthansa en février et mars avaient déjà entraîné des annulations massives, sur fond de tensions sociales persistantes au sein du transporteur national allemand.