Luigi Mangione aurait confié à un gardien de prison qu'il possédait une arme à feu imprimée en 3D dans son sac à dos, après son arrestation pour le meurtre présumé du dirigeant de UnitedHealthcare, selon des témoignages entendus lors d'une audience visant à déterminer si ces déclarations et d'autres éléments pourront être utilisés lors de son procès.
Mangione, 27 ans, a été arrêté en décembre 2024 et inculpé pour avoir mortellement abattu Brian Thompson, PDG de UnitedHealthcare, sur un trottoir de Midtown Manhattan. Mangione est devenu une figure controversée auprès de certains critiques des coûts élevés du système de santé américain, tandis que des responsables publics ont unanimement condamné l'assassinat.
Les déclarations de Mangione aux forces de l'ordre ainsi que le contenu de son sac à dos pourraient constituer des preuves clés durant le procès. Toutefois, ses avocats estiment que ces éléments devraient être écartés, arguant que leur client a été fouillé illégalement et n'a pas été informé de ses droits.
Les procureurs contestent toute illégalité dans la fouille ou l'interrogatoire de Mangione.
Mangione a plaidé non coupable des chefs d'accusation de meurtre et d'autres infractions, et devrait être jugé l'an prochain. Il a également plaidé non coupable dans une affaire fédérale distincte, pour laquelle les procureurs entendent requérir la peine de mort.
Lors de l'audience, Mangione portait un costume gris et une chemise blanche à motifs rouges. L'audience doit se poursuivre mardi devant le juge Gregory Carro.
LE GARDIEN AFFIRME QUE MANGIONE LUI A PARLÉ DE L'ARME
Un gardien de prison a témoigné que Mangione lui aurait dit, sans y être invité, qu'il avait un pistolet imprimé en 3D dans son sac à dos. Selon la police, cette arme aurait été retrouvée avec un silencieux et des écrits dans un journal, susceptibles d'impliquer Mangione dans le meurtre.
L'un des avocats de la défense a mis en doute l'affirmation du gardien selon laquelle Mangione aurait spontanément livré une telle information compromettante, suggérant que le gardien aurait pu l'interroger sans l'informer de ses droits.
« Vous ne lui posiez aucune question, vous ne lui parliez pas du tout... Et, sans raison, il vous dit : "J'avais un pistolet imprimé en 3D" ? », a interrogé l'avocat Marc Agnifilo.
Le gardien a affirmé n'avoir posé aucune question à Mangione et a déclaré, lors d'un contre-interrogatoire par le procureur, qu'il ne se souciait pas de l'issue de l'affaire.
LA DÉFENSE TENTE DE FAIRE ÉCARTER LES PREUVES
Les procureurs du bureau du procureur du district de Manhattan, Alvin Bragg, s'opposent aux demandes de Mangione visant à faire annuler les preuves.
Des images de vidéosurveillance diffusées lundi montrent la police en train de parler à Mangione dans un restaurant McDonald's pendant plus de 30 minutes avant de l'arrêter, ce qui pourrait être essentiel pour la défense qui soutient qu'il a été interrogé sans avoir été informé de ses droits à ne pas s'auto-incriminer.
Ces vidéos, sans son, n'avaient jamais été diffusées publiquement auparavant.
Les procureurs ont également interrogé un coordinateur du service d'urgence 911 à propos d'un appel passé par un employé de McDonald's à Altoona, en Pennsylvanie, qui avait signalé Mangione à la police après que des clients l'eurent reconnu grâce aux informations diffusées dans les médias.
« J'ai un client ici qui ressemble au tireur du PDG, et cela inquiète fortement les autres clients qui viennent me voir », a déclaré l'employé dans l'enregistrement de l'appel au 911, diffusé pour la première fois au tribunal.
LE JUGE AVAIT DÉJÀ REJETÉ LES ACCUSATIONS DE TERRORISME
Mangione risque la prison à vie s'il est reconnu coupable de meurtre au second degré, défini comme un homicide intentionnel. Il est également poursuivi pour sept chefs de possession illégale d'arme et un chef de possession de fausse pièce d'identité.
En septembre, le juge Carro a rejeté deux chefs d'accusation de terrorisme contre Mangione, estimant que les procureurs n'avaient pas apporté suffisamment de preuves démontrant que Mangione avait l'intention d'intimider les employés du secteur de l'assurance santé ou d'influencer une politique gouvernementale.
Plusieurs partisans de Mangione se sont rassemblés devant le tribunal avant l'audience, dont un déguisé en antagoniste du jeu vidéo Super Mario Bros., arborant une pancarte « Quand les patients meurent, les profits grimpent », et une femme portant une écharpe « Free Luigi ».
Aucune date de procès n'a encore été fixée, ni au niveau de l'État ni au niveau fédéral. Mangione est détenu à Brooklyn depuis son arrestation.




















