L'action Lululemon Athletica a chuté de 12% lors des échanges d'avant-bourse vendredi, après que des perspectives de bénéfices trimestriels et annuels moroses ont renforcé les inquiétudes quant à la capacité du fabricant de vêtements de yoga à se redresser. Le groupe pâtit d'un ralentissement de la demande aux Etats-Unis, d'une concurrence accrue et de l'impact des tarifs douaniers.

Le titre est en passe de voir sa capitalisation boursière fondre de plus de 1,7 milliard de dollars par rapport à sa valorisation actuelle de 14,44 milliards, si les pertes se confirment.

Ces prévisions décevantes accentuent la pression sur une valeur qui a déjà perdu près de 63% de sa capitalisation au cours des 12 derniers mois. Les investisseurs s'interrogent sur la rapidité avec laquelle Lululemon pourra relancer la dynamique de ses produits sur son marché clé américain, tout en faisant face à de nouveaux entrants tels qu'Alo Yoga et Vuori.

'Lulu vient d'entrer dans une phase de 'piège', où les fondamentaux se détériorent alors que la concurrence reste féroce dans toutes les catégories et que le pouvoir de fixation des prix s'étiole pour ses franchises de base', ont déclaré les analystes de Barclays.

Lululemon, réputé pour ses leggings et ses vêtements de sport haut de gamme, subit comme ses pairs le contrecoup d'une baisse des dépenses sur les produits à forte marge. L'essoufflement de l'attrait de la marque en Amérique du Nord, des erreurs de conception et un manque de renouvellement des styles ont également pesé sur les performances, dans un contexte de transition à la tête de l'entreprise.

Le marché attend de voir si la future directrice générale Heidi O'Neill, ancienne dirigeante d'un Nike lui aussi en difficulté, parviendra à relancer les ventes lors de sa prise de fonction en septembre. Sa tâche a toutefois été facilitée par la résolution, en mai, d'un conflit de plusieurs mois avec le fondateur Chip Wilson, qui pesait sur le cours de bourse.

'Une remise à plat stratégique complète sous l'égide de la nouvelle directrice générale est nécessaire', estiment les analystes de Jefferies.

L'IMAGE DE MARQUE SE DÉTÉRIORE

Meghan Frank, co-directrice générale par intérim et directrice financière, a admis que la campagne sur le yoga lancée pour reconquérir la clientèle 'n'a pas eu l'effet de halo escompté sur les autres segments de notre assortiment'. Elle a également cité les 'commentaires négatifs' comme un vent contraire majeur.

La recrudescence d'un sentiment négatif à l'égard de la marque dans les médias et sur les réseaux sociaux est manifeste sur les marchés clés, selon Barclays, notamment aux Etats-Unis et en Chine. Cette tendance est principalement liée à des inquiétudes récentes concernant la composition des matériaux et la sécurité des produits.

Le ratio cours/bénéfice (PER) prospectif de la société s'établit à 10,06, contre 22,85 pour Nike et 15,10 pour Adidas, selon les données de LSEG.