LVMH ne parvient pas à rassurer après un 1er trimestre atone
Le titre LVMH signe la plus forte baisse du CAC 40 mardi matin à la Bourse de Paris au lendemain de la publication de ventes de 1er trimestre jugées "un peu juste", en particulier sur le segment phare de la mode-maroquinerie. Vers 11h30, l'action perdait autour de 1,83%, alors que le CAC avançait de 0,6%.
Le numéro un mondial du luxe, qui ouvre le bal des publications du secteur, a fait état hier soir après la clôture du marché parisien d'une croissance organique de ses ventes de 1% sur les trois premiers mois de l'année, une performance qui s'inscrit parfaitement en ligne avec les attentes du marché.
En données publiées, celles-ci ressortent cependant en repli de 6% à 19,1 milliards d'euros, alors que les analystes anticipaient en moyenne 19,5 milliards.
La mode et maroquinerie sous pression
Surveillées à la loupe, les ventes du pôle mode et maroquinerie, qui abrite Louis Vuitton, le principal centre de profit du groupe, ont reculé de 2% en données comparables sur le trimestre, un repli plus marqué que les prévisions du consensus (-1%).
Si les investisseurs s'attendaient à ce que la guerre contre l'Iran affecte l'activité, l'ampleur de son impact a surpris les analystes.
Dans son communiqué, LVMH souligne que le conflit au Moyen-Orient a pesé à hauteur d'environ 1% sur sa croissance organique au cours du trimestre.
Des performances contrastées selon les divisions
Les autres divisions affichent quant à elles des performances très disparates, à des degrés divers.
Seule bonne surprise de la publication, la branche de vins et spiritueux a progressé de 5% à données comparables, alors que le marché tablait sur un repli de l'ordre de 1%.
Dans les montres et la joaillerie (Tiffany, Tag Heuer, Bulgari), la décroissance organique ressort à 2%, un recul plus prononcé que prévu (-1%).
Les ventes dans les parfums et cosmétiques (Dior, Guerlain, Givenchy) s'avèrent inférieures aux attentes, accusant un repli de 6% en données organiques contre -4% attendu.
La distribution sélective, qui accueille notamment la chaîne de parfumeries Sephora - a elle aussi déçu, même si elle signe l'un des rares source de croissance organique sur le trimestre (+4%).
Cette faible dynamique sur les trois premiers mois de l'année pesait sur les prévisions de résultats du groupe, qui faisaient l'objet de révisions à la baisse de la part des analystes.
Face à un contexte géopolitique et économique particulièrement perturbé par le conflit au Moyen-Orient, LVMH a d'ailleurs reconnu hier soir rester "vigilant mais néanmoins confiant" en ce début d'année.
Des objectifs de cours revus à la baisse
Les analystes d'Oddo BHF, qui affichent une opinion "surperformance" sur le titre avec un objectif de cours de 583 euros, indiquent avoir très légèrement revu à la baisse (-1%) leurs prévisions annuelles sur le résultat opérationnel (Ebit).
Bernstein reste de son côté à surperformance avec un objectif de cours réduit de 685 à 600 euros, jugeant qu'il en faudra plus pour convaincre les investisseurs de sortir de leur réserve.
Deutsche Bank maintient pour sa part sa recommandation d'achat avec une cible ramenée de 620 à 600 euros, invoquant un 1er trimestre "décevant, même en tenant compte du Moyen-Orient".
Jefferies, qui reste à conserver, abaisse le sien de 610 à 510 euros, disant n'entrevoir qu'une amélioration que très "graduelle" de l'activité.
"Il reste encore trop tôt pour redevenir positifs", en concluent les analystes d'AlphaValue.
Le luxe résiste malgré tout
La valeur, qui sous-performait déjà fortement ses pairs depuis le début de l'année, accuse désormais une baisse de plus de 26% en 2026. Avec une valorisation de 278 milliards d'euros, le groupe reste la deuxième plus forte capitalisation boursière de la zone euro, mais très loin derrière ASML (589 milliards).
En revanche, le titre n'entraînait pas Kering (+2,2%) dans son sillage, alors que le propriétaire de Gucci doit publier ce soir son chiffre d'affaires de 1er trimestre avant une réunion d'investisseurs très attendue prévue jeudi. Richemont progresse quant à lui de 2,2% et Hermès de 0,6%.
LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton SE est le leader mondial des produits de luxe. Le CA par famille de produits se répartit comme suit :
- articles de mode et de maroquinerie (46,7%) : marques Louis Vuitton, Christian Dior, Celine, Loewe, Kenzo, Givenchy, Fendi, Emilio Pucci, Marc Jacobs, Berluti, Loro Piana, etc. ;
- montres et bijoux (13%) : marques Bulgari, TAG Heuer, Zenith, Hublot, Chaumet, Fred, Tiffany, etc. ;
- parfums et produits cosmétiques (10,1%) : parfums (marques Christian Dior, Guerlain, Loewe, Kenzo, Givenchy, etc.), produits de maquillage (Make Up For Ever, Guerlain, Acqua di Parma, etc.), etc. ;
- vins et spiritueux (6,6%) : champagnes (marques Moët & Chandon, Dom Pérignon, Veuve Clicquot, Krug, Ruinart, Mercier, Château d'Yquem, Domaine du Clos des Lambrays, Château Cheval Blanc, Colgin Cellars, Hennessy, Glenmorangie, Ardbeg, Belvedere, Woodinville, Volcán de mi Tierra, Chandon, Cloudy Bay, Terrazas de los Andes, etc. ; n° 1 mondial), vins (Cape Mentelle, Château D'Yquem, etc.), cognacs (notamment Hennessy ; n° 1 mondial), whisky (notamment Glenmorangie), etc.
Le solde du CA (23,6%) concerne essentiellement une activité de distribution sélective assurée au travers des chaînes Sephora, DFS et des grands magasins Le Bon Marché et La Samaritaine.
A fin 2025, la commercialisation des produits est assurée au travers d'un réseau de 6 283 magasins dans le monde.
La répartition géographique du CA est la suivante : France (8,3%), Europe (18%), Japon (7,9%), Asie (26,5%), Etats-Unis (25,6%) et autres (13,7%).
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Investisseur
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Globale
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ESG MSCI
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Le score ESG MSCI évalue la performance environnementale, sociale et de gouvernance d’une entreprise selon la méthodologie de MSCI. Il positionne l’entreprise par rapport à ses pairs sectoriels sur une échelle allant de CCC (très faible) à AAA (excellente). Ce score est utilisé par les investisseurs pour intégrer les critères extra-financiers dans leurs décisions.