BERLIN/VÖLKLINGEN (dpa-AFX) - Par des rassemblements à Berlin et Völklingen, les salariés de la sidérurgie accentuent la pression sur le gouvernement fédéral. Sous le slogan « L'acier a de l'avenir - chez nous ! », les sidérurgistes ont défilé de la porte de Brandebourg jusqu'au ministère fédéral de l'Économie. Selon le syndicat IG Metall, environ 1 700 salariés provenant de plus de 40 entreprises ont participé au mouvement.

Le syndicat réclame un soutien politique accru pour une industrie sidérurgique en crise, pénalisée par la morosité économique, les droits de douane élevés imposés par les États-Unis ainsi que la concurrence de l'acier à bas prix, particulièrement en provenance d'Asie. En 2025, la production de l'industrie sidérurgique allemande, principalement implantée en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Basse-Saxe et en Sarre, est tombée à 34,1 millions de tonnes d'acier brut, un niveau historiquement bas depuis la crise financière de 2009.

« Le politique doit créer des opportunités »

Par ailleurs, IG Metall met en garde contre tout assouplissement des normes climatiques en Europe, qui pourrait compromettre la transition de la filière vers l'acier vert. « Nous voulons produire de l'acier vert, nos usines deviennent, dans la mesure du possible, climatiquement neutres. Mais le monde politique doit créer les conditions nécessaires de manière cohérente », a déclaré Jürgen Kerner, vice-président du syndicat.

Il a également mis en garde contre une remise en question du système européen d'échange de quotas d'émission (SEQE), qui doit faire l'objet d'un examen au niveau de l'Union européenne (UE) en juillet. Selon lui, cela mettrait en péril « des dizaines de milliers d'emplois ». Parallèlement, un soutien est jugé nécessaire pour les entreprises qui ne peuvent supporter seules les investissements liés à une production respectueuse du climat. Un autre rassemblement était également prévu à Völklingen, dans la Sarre.

Soutien des Verts et de Die Linke

À Berlin, les salariés de l'acier ont reçu le soutien de la présidente du parti Die Linke, Ines Schwerdtner. « L'acier est un secteur d'importance systémique », a-t-elle affirmé. Selon elle, la crise du secteur n'est pas du fait des salariés, mais résulte d'un accompagnement insuffisant dans la mutation vers une production décarbonée. Le coprésident des Verts (Bündnis 90/Die Grünen), Felix Banaszak, a également apporté son soutien aux sidérurgistes.

Le gouvernement fédéral a déjà mis en place un prix de l'électricité industrielle pour les secteurs énergivores comme la sidérurgie. De plus, les États membres de l'UE ont adopté des mesures de sauvegarde pour protéger l'industrie locale de la concurrence. Ces dispositions sont toutefois jugées insuffisantes par IG Metall. Le syndicat critique le caractère temporaire du prix de l'électricité industrielle, soumis à des réserves de financement, et estime que son impact contre le coût élevé de l'énergie reste « homéopathique »./als/lea/ro/DP/jha