Tokyo (awp/afp) - Les marchés asiatiques ont limité leurs pertes vendredi tout en restant dans le rouge, reflet du faible appétit des investisseurs pour le risque, malgré l'annonce par le président américain Donald Trump d'une extension de son ultimatum, qui a fait reculer les prix du brut.
A Tokyo, l'indice vedette Nikkei a limité la casse pour terminer en baisse de 0,43% à 53.373,07 points, tout comme le Kospi de Séoul qui a abandonné au final 0,4%.
Taipei a lâché 0,7% et Sydney 0,1%, tandis qu'à Hong Kong l'indice Hang Seng perdait 0,14% à Hong Kong repassait dans le vert, à +0,7% vers 07h20 (heure suisse).
"La baisse actuelle est largement liée aux risques géopolitiques", a commenté Marin Matsushima, analyste chez Monex, et les marchés "restent volatils et tributaires du flux d'informations concernant le Moyen-Orient".
Donald Trump a annoncé jeudi repousser jusqu'au 6 avril son ultimatum avant d'éventuelles frappes américaines contre les centrales électriques en Iran, assurant que les discussions avec Téhéran se passaient "très bien".
Le dirigeant américain avait exhorté l'Iran à rouvrir le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondiaux.
Si Téhéran refuse de son côté d'utiliser le terme de "discussion", une source anonyme, citée par l'agence de presse Tasnim, a indiqué jeudi que l'Iran avait transmis "officiellement" une réponse au plan américain "à travers des intermédiaires".
Il a fixé des conditions à une cessation des hostilités et attend désormais "un retour de l'autre partie".
Le pétrole en très léger repli
Malgré l'ultimatum repoussé, "la réaction des marchés (...) est restée limitée", a commenté Masahiro Ichikawa de Sumitomo Mitsui DS Asset Management.
"Les négociations vont probablement s'étirer en longueur, et les marchés ne sont pas en position d'être optimistes", a-t-il ajouté, cité par l'agence Bloomberg.
Malgré un léger recul du pétrole après l'annonce, "les flux continuent de montrer un repositionnement vers des paris baissiers sur les actifs risqués, ainsi que vers des positions longues sur le pétrole", c'est-à-dire des stratégies misant sur une hausse des cours du brut, selon Lloyd Chan de MUFG.
"Ce mouvement est alimenté par l'absence persistante de signaux cohérents dans les informations concernant une véritable avancée diplomatique."
Vers 02H30 GMT, le Brent de la mer du Nord, considéré comme la référence mondiale du brut, était près de l'équilibre (-0,12%) à 107,88 dollars le baril. Son équivalent américain, le WTI, reculait de 0,54% à 93,97 dollars le baril.
Sur le marché des changes, le billet vert, valeur refuge pour les investisseurs, se stabilisait (-0,09%) face au yen, à un dollar pour 159,68 yens, après des propos de la ministre japonaise des Finances faisant craindre une intervention pour soutenir la devise nippone.
"Risque du week-end"
Quelle que soit l'évolution du conflit, Charu Chanana de Saxo Markets mettait par ailleurs en garde contre le "risque du week-end".
En cas d'avancée décisive dans les négociations, "les marchés pourraient devoir réajuster rapidement leurs prix pour tenir compte d'un pétrole moins cher, d'un meilleur appétit pour le risque et d'un mouvement de soulagement sur les valeurs cycliques".
Mais au contraire, "si les discussions s'enlisent ou si la rhétorique tourne à une nouvelle escalade, les marchés pourraient rouvrir avec la réaction inverse", prévient-elle.
"Autrement dit, les investisseurs sont confrontés non seulement à un risque de direction, mais aussi à un risque d'écart au moment même où ils ne peuvent pas intervenir."
Tech en berne
Les valeurs technologiques, en particulier dans les semi-conducteurs, étaient particulièrement visées par les ordres à la vente, après la déroute du secteur la veille à Wall Street.
Outre l'incertitude sur le conflit au Moyen-Orient, deux condamnations en justice de Meta et la présentation par Google d'un algorithme réduisant les besoins en mémoire pour l'intelligence artificielle (IA) ont jeté un froid sur la tech américaine.
Le mouvement s'est prolongé en Asie chez les japonais Kioxia (-4,2%) et Tokyo Electron (-3%) ou le taïwanais Macronix (-9,8%). Le sud-coréen Samsung Electronics a lâché tout juste 0,22%.
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