Tokyo (awp/afp) - Les Bourses asiatiques ont grimpé jeudi de façon contrastée, digérant des chiffres américains décevants sur l'emploi qui continuent de plomber le dollar, tandis que le yuan a vu ses gains freinés par la banque centrale chinoise.

Bourses contrastées, la Fed à l'horizon

A la Bourse de Tokyo, l'indice vedette Nikkei a clôturé en hausse de 2,33%, à 51.028,42 points, et l'indice élargi Topix de 1,92%, à 3.398,21 points.

La Bourse de Séoul en revanche a cédé 0,19% et Taipei a fini à l'équilibre (+0,01%). L'indice hongkongais Hang Seng grimpait de 0,22% vers 06H40 GMT.

Les places asiatiques ont digéré un rapport faisant état de la disparition de 32.000 emplois aux Etats-Unis en novembre, à rebours des créations d'emplois attendues par les analystes.

Cette faiblesse conforte les marchés dans l'idée que la banque centrale américaine (Fed) abaissera ses taux pour la troisième fois consécutive, à l'issue de sa réunion des 9 et 10 décembre.

Pour autant, cela n'empêche plus un certain essoufflement. "Les marchés sont proches d'intégrer pleinement aux cours l'anticipation d'une baisse des taux, ce qui a fait grimper les actions et baisser le dollar", selon Kyle Rodda, analyste du courtier Capital.com.

De son côté, "le marché des cryptomonnaies affiche une meilleure forme" après son plongeon des dernières semaines, "le bitcoin ayant reconquis ses sommets de novembre et franchi la barre des 93'000 dollars", a noté Chris Weston, analyste de Pepperstone, même s'il note l'hésitation des investisseurs à conforter cette tendance.

Vers 06H40 GMT, le bitcoin cédait 0,6%, à 93.135 dollars, signe d'une fébrilité persistante.

Le marché pétrolier, lui, progressait: le baril de WTI nord-américain gagnait 0,71% à 59,37 dollars et celui de Brent de la mer du Nord 0,59% à 63,04 dollars.

Dollar sous pression, tensions sur la dette nippone

Le billet vert a continué de s'enfoncer en début d'échanges asiatiques, avant de se stabiliser vers 06H40 GMT à 155,26 yens pour un dollar.

Mercredi, la devise américaine avait nettement reculé, minée par des chiffres de l'emploi moroses aux Etats-Unis, qui pointent vers une nouvelle baisse des taux de la Fed. Une telle décision tendrait à rendre le dollar moins attractif.

"Le dollar américain devrait poursuivre sa baisse après cet effondrement des créations d'emplois dans le secteur privé, le plus important depuis 2023", estiment les experts de Standard Chartered.

Par contraste, le yen japonais reste lui soutenu par la perspective grandissante d'un possible relèvement des taux de la Banque du Japon (BoJ) dès la semaine prochaine, mais aussi face aux anticipations de nouvelles hausses de salaires dans l'archipel.

Alors que Tokyo prépare de nouvelles émissions massives de dette pour financer un plan de relance, au risque d'aviver les inquiétudes sur sa discipline budgétaire, les titres à échéance 30 ans ont atteint en début d'échanges un nouveau plus haut historique, et celles à 10 ans un sommet depuis 18 ans.

Ces taux élevés attirent les investisseurs en quête de profits. Une adjudication à 30 ans a suscité jeudi la plus forte demande depuis 2019 sur ce type d'échéance, selon Bloomberg, ce qui a fait reculer les taux dans la foulée.

Gains du yuan freinés par la PBOC

Le yuan chinois s'est sensiblement renforcé depuis la semaine dernière, porté par l'espoir d'une embellie des échanges commerciaux après la trêve sino-américaine conclue entre les présidents Xi Jinping et Donald Trump et un appel téléphonique scellant une visite de M. Trump en Chine l'an prochain.

La devise chinoise se rapproche du seuil symbolique des 7 yuans pour un dollar, face à un billet vert lui-même affaibli par la politique monétaire attendue de la Fed.

Or, la Chine a fixé jeudi son taux de référence quotidien pour le yuan à un niveau nettement inférieur aux estimations, ce qui suggère que la PBOC (banque centrale chinoise) cherche à limiter l'appréciation de la monnaie, dont les fluctuations sont encadrées dans une fourchette fixée par Pékin.

La PBOC a fixé le taux quotidien à 7,0733 yuans pour un dollar. "La banque centrale privilégie la stabilité de sa monnaie. Il n'est donc pas surprenant que, compte tenu de l'appréciation relativement rapide de la semaine dernière, elle cherche désormais à freiner sa progression", a commenté Lynn Song, économiste d'ING citée par Bloomberg.

afp/ol