Paris (awp/afp) - Sur les marchés financiers mercredi, la Bourse de Londres a atteint un nouveau record, porté par le secteur pharmaceutique, tandis que les investisseurs continuaient d'évaluer les conséquences du blocage budgétaire américain sur la publication d'indicateurs économiques importants à venir.
La Bourse de Paris a terminé en hausse de 0,90%, Milan de 0,83% et Francfort de 0,98%. A Zurich, le SMI a gagné 2,07%.
Londres a quant à elle gagné 1,03%, atteignant un record en clôture (à 9.446,43 points), après avoir touché un sommet en séance (à 9.457,91 points), portée par la hausse des valeurs de son secteur pharmaceutique, comme partout en Europe, face à "la perspective d'un accord imminent dans le conflit [concernant ce secteur] avec les États-Unis", explique Andreas Lipkow.
A la cote britannique, AstraZeneca a bondi de 11,21%, Hikma Pharmaceuticals de 5,71% et GSK de 6,16%. A Francfort, Bayer a pris 4,99% et Merck 10,05%, à Zurich, Roche a gagné 8,62% et à Paris, Sanofi s'est envolé de 8,44%.
Cette flambée des valeurs du secteur survient au lendemain de l'annonce de Donald Trump d'un accord avec le laboratoire américain Pfizer pour baisser le prix de certains médicaments aux États-Unis en échange d'une exemption de droits de douane.
Le républicain avait en effet récemment brandi une possible taxe de 100% sur tout médicament breveté importé à compter du 1er octobre, à moins que les laboratoires ne construisent des sites de production aux États-Unis.
Les modalités de ces droits de douane choc, qui frapperaient de plein fouet le premier marché mondial du médicament, restent néanmoins très floues.
- Manque de visibilité -
"Néanmoins, la prudence restait de mise sur les marchés mondiaux en raison des inquiétudes liées à la paralysie du gouvernement américain (+shutdown+)", commente Patrick Munnelly, analyste de Tickmill Partner.
Les investisseurs pourraient manquer de visibilité sur l'état de santé de l'économie américaine en raison de la suspension de la publication d'un certain nombre d'indicateurs officiels, comme le rapport mensuel sur l'emploi du ministère du Travail américain prévu vendredi, "accentuant l'incertitude à un moment où les marchés sont particulièrement attentifs aux signaux concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed)", poursuit Patrick Munnelly.
A New York, les indices boursiers étaient en légère hausse après un démarrage atone: le S&P 500 grappillait 0,11%, le Nasdaq 0,17% et le Dow Jones 0,13% vers 16H15 GMT.
Les indices américains évoluent à des sommets, le Dow Jones ayant encore atteint un record la veille de la fermeture des services publics américains.
Les investisseurs se sont tournés vers le rapport ADP sur les créations d'emplois dans le secteur privé aux Etats-Unis pour septembre: le mois dernier, les entreprises ont supprimé plus d'emplois qu'elles n'en ont créés (-32.000), alors que les analystes s'attendaient à des créations nettes d'emplois (autour de 45.000), selon le consensus publié par MarketWatch.
Ces données "valident encore un peu davantage l'hypothèse que le marché du travail est en fort ralentissement. Cela pourrait même se dégrader davantage avec le shutdown. En conséquence, il ne fait pas de doute que la banque centrale américaine (Fed) va continuer son cycle de baisses de taux" entamé en septembre, commente Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques.
Peu après l'ouverture de Wall Street, les investisseurs ont pris connaissance du baromètre mensuel de la fédération professionnelle ISM, basé sur les réponses d'un panel d'entreprises, pour évaluer la santé de l'industrie américaine. En septembre, cet indice s'est établi à 49,1%, ce qui marque le septième mois de contraction d'affilée, ce qui était toutefois attendu par les analystes, selon le consensus publié par MarketWatch.
Sur le marché obligataire, le rendement de l'emprunt américain à échéance dix ans baissait à 4,12%, contre 4,15% à la clôture la veille. Son équivalent à deux ans, l'échéance la plus sensible aux anticipations d'évolution de politique monétaire, était à 3,56%, après 3,61% la veille.
En Europe, les emprunts à dix ans étaient quant à eux plutôt stables, l'allemand évoluait par exemple à 2,71%, au même niveau que mardi.
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