Washington (awp/afp) - Les cours du pétrole et le coût de la dette souveraine ont nettement reculé jeudi face à l'optimisme affiché de Donald Trump quant à la conclusion d'un accord avec l'Iran, ce qui a dynamisé Wall Street.
Le président américain a assuré qu'un "très bon accord" avait été conclu avec Téhéran et pourrait être signé dès ce week-end en Europe, un revirement spectaculaire quelques heures après avoir menacé de lancer de nouvelles frappes.
Selon lui, le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a validé ce que le chef d'Etat qualifie "d'accord-cadre très solide" et "très détaillé" ("memorandum of understanding") avec les Etats-Unis.
Pour Art Hogan, analyste du gestionnaire de fortune B. Riley Wealth Management, le marché a affiché "une lueur d'espoir" après ces déclarations.
Donald Trump n'a toutefois donné aucun détail sur le contenu de ce compromis, si ce n'est qu'il assurait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz après la signature, et l'impossibilité pour l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.
La perspective d'une entente a immédiatement fait tomber les cours du pétrole, jusqu'alors atones.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a finalement cédé 2,92% à 90,38 dollars.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate pour livraison en juillet, a lui reculé de 2,58% à 87,71 dollars.
La guerre au Moyen-Orient, avec notamment le blocage du goulet d'étranglement qu'est le détroit d'Ormuz, a largement perturbé l'approvisionnement en pétrole du Golfe.
- Pression allégée sur les coûts d'emprunt -
Une reprise marquée des exportations d'hydrocarbures de la région viendrait apaiser les craintes inflationnistes, alors que les dernières données officielles ont montré une forte hausse des prix dans les grandes économies mondiales.
Thermomètres de ce changement d'anticipation, les taux obligataires américains fondent: l'échéance à dix ans des emprunts de l'Etat s'échangeait à 4,46% vers 20H50 GMT, contre 4,55% à la clôture la veille.
Ses équivalents à court terme (deux ans) et long terme (30 ans) suivaient la même tendance baissière.
Les taux d'intérêt en Allemagne et en France ont aussi reculé.
La confiance quant à une trêve durable au Moyen-Orient a aussi "favorisé un regain d'appétit pour les actifs risqués", qui s'est traduit par un retour des achats d'actions du secteur technologique, souligne Julian Pineda, de Forex.com.
L'indice new-yorkais Nasdaq - qui rassemble les géants de la tech - a bondi de 2,54%. Toujours à Wall Street, le Dow Jones a pris 1,86% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 1,75%.
- La BCE ne surprend pas -
En Europe, l'indice parisien CAC 40 a progressé de 0,48%, tout comme la Bourse de Londres. Francfort a terminé à l'équilibre (+0,06%) et Milan a progressé plus fortement (+0,95%). A Zurich, le SMI a terminé en hausse de 0,49%.
Les places boursières européennes ont clôturé avant les annonces de Donald Trump.
Elles n'ont pas été chahutées par le relèvement des taux de la BCE de 0,25% pour lutter contre l'inflation, largement intégré.
"La BCE opte pour un recalibrage mesuré", d'après Ann-Katrin Petersen, stratégiste en chef pour l'Europe centrale chez BlackRock.
Les investisseurs attendaient surtout les nouvelles prévisions pour la zone euro de la BCE, qui table sur plus d'inflation (+3% en 2026 contre 2,6% attendus plus tôt) et légèrement moins de croissance (0,8% contre 0,9%).
- SpaceX au tournant -
SpaceX a officialisé jeudi le début de sa cotation vendredi dans un document publié par le régulateur américain, la SEC, dernière étape avant la plus importante entrée en Bourse de l'Histoire.
L'entreprise a confirmé jeudi son objectif de lever 75 milliards de dollars lors de l'opération, soit le triple du record réalisé par le pétrolier Saudi Aramco en 2019.
SpaceX est désormais valorisé 1.765 milliards de dollars, soit plus que les 1.700 milliards du groupe saoudien à l'époque, ce qui en ferait, d'ores et déjà, l'une des dix plus grosses capitalisations boursières du monde.
Les investisseurs ont réservé une partie de leurs liquidités pour cette fracassante entrée en Bourse - et les probables futures d'Anthropic et OpenAI -, selon Art Hogan.
Cela a nourri ces derniers jours un large mouvement de prises de bénéfices dont les valeurs technologiques ont été les principales victimes.
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