Paris (awp/afp) - L'aversion pour le risque règne sur les marchés financiers lundi, après des menaces judiciaires contre la Réserve fédérale américaine (Fed) et son président, poussant l'or et l'argent à de nouveaux sommets historiques et pesant sur les Bourses.

Vers 14H50 GMT, l'once d'or prenait 2,20%, dépassant pour la première fois le cap des 4600 dollars, à 4608,70 dollars, et celle d'argent grimpait de 6,58% à 85,11 dollars, pour la première fois au-dessus des 85 dollars.

"Les métaux précieux bénéficient d'un nouveau regain d'aversion au risque" après les menaces judiciaires contre la Réserve fédérale américaine (Fed), commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.

Son président, Jerome Powell, a en effet annoncé dimanche dans un inhabituel message vidéo que l'institution, qui subit les coups de pression de Donald Trump depuis plusieurs mois pour adopter une politique monétaire plus souple, était visée par une procédure du ministère de la Justice, pouvant aboutir à des poursuites pénales à son encontre.

Ce nouveau développement "pose des questions sur l'indépendance" de l'institution, relève Fawad Razaqzada, de Forex.com.

"Au fond, il s'agit surtout d'un message adressé à son successeur potentiel à la tête de la Fed et aux membres actuels du FOMC (le Comité de politique monétaire, ndlr): la Maison-Blanche entend fixer les taux d'intérêt", souligne Neil Wilson, de Saxo Markets.

"Que cette action en justice soit fondée ou non, elle montre que l'administration Trump est prête à continuer de faire pression sur la Fed pour qu'elle assouplisse sa politique monétaire", résume Jon Butcher, analyste senior chez Aberdeen.

Le dollar reculait : vers 15H50 GMT, le billet vert abandonnait 0,34% par rapport à la monnaie unique, à 1,1677 dollar pour un euro.

D'autant que "le mandat de Jerome Powell s'achève en mai", rappelle Kathleen Brooks, de XTB. "Les marchés pourraient envoyer un message au président (...): une ingérence excessive dans les affaires intérieures de la Fed n'est pas bienvenue", prévient-elle.

A New York, dans les premiers échanges, les Bourses évoluaient dans la prudence. Vers 14H50 GMT, le Dow Jones reculait de 0,43%, l'indice Nasdaq était stable (+0,00%) et l'indice élargi S&P 500 cédait 0,08%.

En Europe, vers 14H50 GMT, la Bourse de Paris restait stable (+0,04%) et Londres grappillait 0,15%. Milan (-0,01%) restait atone.

La défense européenne dans le vert

Seul le Dax de Francfort sortait du lot, s'inscrivant en hausse de 0,58% vers 14H50 GMT, porté par l'industrie de la défense dans "un contexte géopolitique en ébullition marqué par des discussions sur d'éventuelles frappes militaires américaines contre l'Iran", relève Neil Wilson.

Donald Trump a répété samedi que Washington se tenait "prêt à aider" les manifestants "aspirant à la liberté". L'Iran est tout à fait prêt à la guerre mais également à des négociations, a déclaré lundi le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi.

"La semaine dernière, il s'agissait du renversement de Maduro au Venezuela, puis l'attention du président s'est déplacée vers le Groenland et plus à l'est, avec les manifestations en Iran", rappelle Kathleen Brooks.

Le président américain a par ailleurs réaffirmé dimanche que les Etats-Unis s'empareront du Groenland "d'une manière ou d'une autre" car "si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le feront".

A Francfort, Renk montait de 3,30%, Hensoldt prenait 1,59% et Rheinmetall 0,68%. A la Bourse de Paris, Thales prenait 2,89% et Dassault Aviation 2,72%. A Londres, BAE Systems gagnait 2,73% et à Milan, Leonardo montait de 2,19%.

Abivax bondit

La société française de biotechnologie Abivax grimpait de 9,29% à Paris, portée par une potentielle offre de rachat de l'entreprise par l'Américain Eli Lilly, selon des informations de presse.

Selon un article du média français La Lettre, publié lundi, le laboratoire serait ainsi prêt à mettre "15 milliards d'euros sur la table" pour acquérir l'entreprise.

afp/cw