Washington (awp/afp) - Une nouvelle vague de ventes des valeurs technologiques a poussé les Bourses mondiales dans le rouge mardi, malgré le recul persistant des prix du pétrole en raison des espoirs de paix au Moyen-Orient.

A Wall Street, l'indice Nasdaq - à forte coloration technologique - a clôturé en recul de 0,97%, après avoir perdu jusqu'à plus de 3,5% en séance.

L'indice élargi S&P 500 a cédé 0,26%, tandis que le Dow Jones a pris 0,17%.

En Europe, après une séance orientée en hausse, les indices ont perdu leur élan en fin de séance. Paris a fini stable (+0,05%), Francfort a cédé 0,74% et Milan a grappillé 0,11%. A Zurich, le SMI a avancé de 0,27%.

Londres a cédé 1,41%, plombée par ses majors pétrolières qui ont reculé avec les prix du brut.

Adam Sarhan, analyste de la société de placement 50 Park Investments, a noté que les ventes d'actions technologiques ont fait écho à celles réalisées vendredi, avec les semi-conducteurs en figure de proue.

"Il est tout à fait normal et sain que les investisseurs remettent en question la thèse" haussière, qui a poussé ces valeurs à des sommets ces dernières semaines, et prennent par la même occasion des bénéfices, a souligné l'analyste auprès de l'AFP.

Le secteur affiche une progression spectaculaire depuis le début de l'année, le marché estimant que le développement de l'intelligence artificielle (IA) devrait continuer à leur apporter de nouveaux débouchés.

- Des milliards pour SpaceX -

Pour Mike O'Sullivan, chef économiste chez Moonfare, interrogé par l'AFP, "les investisseurs ont longtemps été en excès de confiance sur la tech".

L'expert a aussi mis en avant l'entrée "dans une période de forte volatilité avant l'introduction en Bourse historique de SpaceX".

L'entreprise aérospatiale compte lever 75 milliards de dollars sur une valorisation totale de 1.765 milliards, pulvérisant le record détenu par Saudi Aramco depuis 2019.

"C'est une situation où les investisseurs vendent des actions pour dégager des liquidités", a expliqué M. Sarhan.

D'autant que les géants de l'IA Anthropic et OpenAI - qui s'approchent chacun des 1.000 milliards de dollars de valorisation - ont eux aussi déposé un dossier d'entrée à Wall Street.

"Ce type d'opérations marque souvent le sommet d'une dynamique haussière", a prévenu M. O'Sullivan.

- Le pétrole accroché à l'espoir d'un accord -

Les Bourses n'ont donc finalement pas profité de la détente actuelle des prix du pétrole, liée aux espoirs de paix au Moyen-Orient.

Le prix du baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en juillet, a perdu 3,40%, tombant à 88,20 dollars.

Celui du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en août, a reculé de 2,97%, à 91,45 dollars.

Les opérateurs ont retenu l'optimisme de Donald Trump, qui a affirmé que la diplomatie américaine menait les "derniers efforts" en vue de la conclusion d'un "très bon accord" avec l'Iran.

M. Trump a pourtant plus tard annoncé que Téhéran avait abattu un hélicoptère américain au-dessus du détroit d'Ormuz et promis de "répliquer" contre l'Iran.

- La BCE en ligne de mire -

Autre point d'attention des marchés: la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi. L'institution devrait monter ses taux, pour la première fois depuis trois ans.

La BCE est dans une situation "très délicate, entre une inflation en hausse et une économie affaiblie par la guerre en Iran", a relevé M. O'Sullivan.

Dans ce contexte, le taux de la dette allemande à échéance dix ans, référence en Europe, atteignait 3,05% mardi, contre 3,06% la veille en clôture.

Mercredi, les investisseurs prendront connaissance des dernières données sur l'inflation aux Etats-Unis, avec la publication de l'indice CPI du mois de mai.

Le rendement à dix ans de l'emprunt de l'Etat américain se détendait à 4,52% vers 20H45 GMT, contre 4,56% à la clôture la veille.

afp/rp