Londres (awp/afp) - Le cours de l'aluminium a atteint son plus haut niveau depuis mars 2022 cette semaine, avant de nettement réduire sa hausse vendredi avec l'annonce de réouverture du détroit d'Ormuz.

"Le passage de tous les navires commerciaux par le détroit d'Ormuz est déclaré entièrement ouvert pour la durée restante du cessez-le-feu", a écrit sur X le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi.

"Le Moyen-Orient représente environ 9% de la production mondiale d'aluminium" et "il compte pour une part beaucoup plus importante de l'offre acheminée par voie maritime", explique Ewa Manthey, analyste chez ING.

L'impossibilité pour les navires du Golfe de sortir par le détroit d'Ormuz a donc fait monté le cours depuis le début de la guerre, jusqu'à un pic jeudi de 3.672 dollars la tonne.

Les fonderies du Golfe, qui dépendent d'importations de matières premières pour fabriquer l'aluminium et qui ont des réserves limitées de ces produits, ont notamment signalé que la production avait désormais été réduite, souligne Volkmar Baur, analyste chez Commerzbank.

La réouverture du détroit est donc une bonne nouvelle pour le métal argenté.

Mais "un producteur a indiqué qu'il pourrait falloir jusqu'à douze mois pour que la production retrouve son niveau d'avant le conflit une fois le blocus levé", précise M. Baur.

Vers 14H20 GMT (16H20 à Paris), sur le LME, une tonne d'aluminium coûtait 3.539,50 dollars vendredi, contre 3.489,50 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

- L'or rayonne -

Le cours de l'or a progressé cette semaine grâce à l'apaisement des tensions entre les États-Unis et l'Iran, soldé vendredi par l'annonce de la réouverture du détroit d'Ormuz, qui plombe les attentes de hausses des taux américains et le dollar.

"Cette nouvelle encourageante a ravivé l'espoir d'une détente au Moyen-Orient", explique à l'AFP Lukman Otunuga, de FXTM.

"L'or pourrait s'envoler à mesure que les craintes d'inflation s'estompent", si le cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l'Iran qui doit expirer mardi prochain "ouvre la voie à un accord de cessez-le-feu permanent", projette l'analyste.

Depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, les investisseurs ont privilégié le billet vert aux métaux précieux, dont les cours ont donc paradoxalement reculé au lieu de profiter d'un environnement d'évitement du risque.

Pour combattre l'envolée des prix de l'énergie, les investisseurs prévoyaient aussi des hausses de taux de la Réserve fédérale (Fed).

Si le marché revoit ses prévisions, les obligations américaines et le dollar sont ammenés à perdre en attractivité, et le métal jaune à devenir une valeur refuge plus intéressante.

Vendredi, l'once d'or (31,1 g) s'échangeait à Londres à 4.875,46 dollars, contre 4.749,75 dollars à la clôture de la semaine passée.

L'argent a encore plus nettement avancé cette semaine. Le marché du métal argenté devrait enregistrer un déficit d'approvisionnement pour la sixième année consécutive, avec 46,3 millions d'onces manquantes (1.439 tonnes) en 2026, d'après le rapport annuel du Silver Institute publié cette semaine.

- Méga ouate -

Le cours du coton est monté cette semaine, poussé par une sécheresse aux Etats-Unis et la hausse des prix du pétrole depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

"Les conditions sèches persistent dans la cotton belt des États-Unis (région agricole connue pour la production de coton dans le sud du pays, ndlr), avec environ 97% de la production nationale située dans une zone touchée par la sécheresse mardi", explique Mark Bowman, analyste chez ADM Investors Services.

Les Etats-Unis sont l'un des principaux producteurs de coton au monde et le second exportateur de coton juste après le Brésil, selon les données du ministère américain de l'agriculture.

Par ailleurs, la hausse des prix du pétrole à cause de la guerre au Moyen-Orient renchérit le coûts des des fibres synthétiques, ajoute M. Bowman, ce qui a aussi contribué à favoriser la demande de coton depuis le début de la guerre.

La livre de coton pour livraison en mai à New York valait 77,71 cents vendredi, un niveau pas atteint depuis 2024, contre 75,33 cents à la clôture vendredi dernier.

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