Grâce à sa position compétitive privilégiée dans les secteurs des infrastructures, du traitement de l'eau, des sciences de la vie, de l'aérospatiale ou des semi-conducteurs, entre autres, Jacobs entrevoit une croissance annuelle de son chiffre d'affaires comprise entre 6% et 8% d'ici 2029.

Il projette également une expansion de marge supplémentaire à cette échéance. En la matière, son historique plaide pour lui : sur le cycle décennal 2016-2025, si son chiffre d'affaires n'a guère augmenté, son profit d'exploitation a pour sa part presque triplé.

Sous la direction de son précédent directeur général Steve Demetriou, Jacobs a en effet entrepris une série d'acquisitions importantes, notamment entre 2018 et 2022. Remarquablement, ces opérations ont été en grande partie autofinancées via des cessions d'actifs ; elles n’ont pas dégradé le bilan, ni entraîné d’augmentation du nombre de titres en circulation.

C'est donc d'un authentique changement de périmètre qu'il s'agit - ponctué bien sûr par la vente des activités pétrole et chimie - en lieu et place d'une stratégie de croissance externe plus classique, mais avec un impact probant sur le compte de résultat du groupe.

La poursuite de cette logique fut la séparation il y a deux ans de l'activité liée au gouvernement fédéral américain, désormais cotée sous le nom Amentum Holdings, et structurellement deux à trois fois moins profitable que celle liée au secteur privé. Amentum est présidé par Steve Demetriou, remplacé à la tête de Jacobs par le discret Bob Pragada.

Les investisseurs ont apprécié le pivot. Jacobs, qui commandait autrefois une valorisation moyenne de huit fois son profit d'exploitation avant amortissements, ou EBITDA, se voit désormais gratifier d'un multiple presque deux fois supérieur.

Contrairement à ce qu'on observe sur le marché européen, où le secteur en général traverse une crise très violente, les investisseurs américains plébiscitent toujours le modèle de leurs grandes firmes de conseil.

Toujours très bien capitalisé, Jacobs distribuait 935 millions de dollars à ses actionnaires l'an dernier, en grande majorité via le plus important rachat d'actions de son histoire.