Mexico (awp/afp) - La banque centrale du Mexique a abaissé son taux directeur pour la septième fois consécutive jeudi, invoquant la faiblesse de l'activité économique dans le pays et les tensions commerciales provoquées par les droits de douane imposés par Donald Trump.
Le taux a été réduit de 25 points de base, s'établissant à 7,25 %, selon un communiqué de l'institution.
Le communiqué souligne que l'activité économique du Mexique s'est contractée au troisième trimestre 2025 et que "le contexte d'incertitude et les tensions commerciales continuent de faire peser des risques importants sur la croissance".
Le produit intérieur brut (PIB) du Mexique, deuxième économie d'Amérique latine après le Brésil, a reculé de 0,3% en glissement annuel au troisième trimestre, pénalisé par la faiblesse du secteur industriel, notamment des exportations manufacturières essentielles.
L'institution monétaire a également évoqué "les impacts potentiels des changements de politiques commerciales mondiales".
Le président américain a menacé le Mexique de droits de douane afin de faire pression sur son voisin et partenaire commercial pour qu'il renforce sa lutte contre le trafic de drogue et l'immigration irrégulière.
La semaine dernière, le délai de 90 jours imparti aux négociations commerciales entre les États-Unis et le Mexique a expiré après que Trump a menacé d'imposer des droits de douane de 30% sur les exportations mexicaines, accusant son voisin de mettre en place de nombreuses barrières non tarifaires.
Fin octobre, la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum s'est entretenue par téléphone avec Trump et a affirmé que les négociations sur les barrières non tarifaires devraient aboutir dans les semaines à venir, sans toutefois préciser de date.
Le Mexique est l'un des pays les plus vulnérables aux droits de douane de Donald Trump, car plus de 80% de ses exportations sont destinées aux États-Unis, son principal partenaire commercial dans le cadre de l'accord de libre-échange ACEUM (Accord Canada-Etats-Unis-Mexique).
La banque centrale a ajouté qu'elle "jugeait approprié de poursuivre le cycle de baisse du taux directeur", conformément aux perspectives d'inflation actuelles.
"Les anticipations d'inflation globale pour fin 2025 ont diminué", tandis que les prévisions à plus long terme sont restées "relativement stables", a-t-elle expliqué.
Entre la première quinzaine de septembre et la première quinzaine d'octobre, l'inflation globale a reculé de 3,74% à 3,63% sur un an, se rapprochant ainsi de l'objectif officiel de 3%.
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