Il est vrai qu'ils sont meilleurs qu'escomptés, en particulier depuis le pic de panique d'octobre dernier qui faisait suite à une révision à la baisse des prévisions de résultats communiqués par le groupe.

À cette occasion, Zonebourse soulignait que la valorisation de Michelin s'était enfoncée sur un support attractif, c'est-à-dire à une valorisation inférieure à la valeur de ses capitaux propres - plancher traditionnel touché trois fois depuis la crise des subprimes - et un rendement sur dividende supérieur à 5%, soit un signal d’achat clair.

Même s'il faut tempérer son enthousiasme sur les perspectives du fabricant de pneumatiques, sujet à une dynamique de réinvestissement à faible rendement car prisonnier d'un secteur hyper-concurrentiel qui compresse ses marges, le pessimisme des investisseurs nous semblait à l'époque trop extrême.

Au terme d'une année morose, le groupe assure donc un profit cash - ou cash flow libre - avant acquisitions d'environ deux milliards d'euros, soit peu ou prou la même chose que l'an passé. Il faut bien garder à l’esprit que le recul de l'activité a soutenu la génération de cash via des libérations du besoin en fonds de roulement.

Le groupe a affronté de sérieux vents contraires en 2025 : une baisse des volumes de 4,7%, certes plutôt bien absorbée par des hausses de prix ; et un effet de change défavorable lié à la baisse du dollar, qui lui coûte la bagatelle de 817 millions d'euros à taux de change courants.

Une nouvelle augmentation du dividende - qui, soulignons-le quand même, double en dix ans et quadruple en vingt ans - et un programme de rachats d'actions pour le coup parfaitement séquencé - puisque réalisé à des valorisations attractives - laissent à Michelin assez de latitude pour réduire son endettement net de 767 millions d’euros en fin d'exercice.

Le fabricant de pneumatiques demeure ainsi capitalisé de manière remarquablement robuste et défensive, puisque son endettement net représente moins de la moitié de son profit d'exploitation avant amortissements, ou EBITDA, et à peine plus d'une année de cash flow libre.

En revanche, face à une concurrence pléthorique et bien armée, sa profitabilité reste en stagnation depuis 2019. La série d'acquisitions visant à renforcer sa capacité d'innovation technologique et son image de marque n'ont pour l'instant eu qu'un caractère essentiellement défensif, plutôt que d'ouvrir la voie à de nouvelles perspectives de croissance.

La valorisation de Michelin est désormais moins attractive qu'il y a quatre mois. Un retour du cours du titre à un multiple de x1,5 les capitaux propres et un rendement sur dividende compris entre 3,5% et 4% - sa moyenne de valorisation historique - pourrait être interprété par certains comme un signal de vente.