Les géants miniers australiens ont souligné mardi que la croissance de la demande d'acier en Inde et en Asie du Sud-Est permettrait de compenser la stagnation du marché chinois. En Chine, leur principal client, les producteurs font face à une pression accrue de la part de la centrale d'achat étatique pour abaisser les prix et améliorer les conditions commerciales.
Déjà deuxième producteur mondial d'acier, l'Inde prévoit de doubler sa production pour atteindre 400 millions de tonnes d'ici 2035-2036, contre 168 millions de tonnes actuellement.
Bien que ces volumes ne représentent qu'une fraction de la production chinoise, qui avoisine le milliard de tonnes, ces nouveaux objectifs nécessiteront des quantités massives de minerai de fer et de charbon métallurgique ; une ressource que l'Inde importe d'ailleurs quasi intégralement dans le cas du charbon.
BHP, l'un des plus grands producteurs mondiaux de charbon métallurgique, prévoit que la demande indienne doublera d'ici 2050, a déclaré Michiel Hovers, directeur des ventes et du marketing du groupe, lors d'une conférence sectorielle à Singapour ce mardi. Le groupe minier affirme depuis longtemps que l'Asie du Sud constituera un marché de croissance stratégique.
Bold Baatar, directeur commercial de Rio Tinto, a indiqué lors de la même conférence que la nouvelle demande d'acier en Inde et au sein de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) compenserait la stagnation en Chine, où la crise du secteur immobilier — autrefois principal consommateur d'acier — entre dans sa cinquième année.
La production d'acier en Chine est tombée à son plus bas niveau en sept ans en 2025. Cette situation accentue le défi pour les miniers face à la China Mineral Resources Group (CMRG). Cette centrale d'achat publique utilise des tactiques agressives, allant jusqu'à des interdictions d'achat, pour négocier de meilleures conditions au profit des sidérurgistes du pays.
Les perspectives en Chine ne semblent pas s'améliorer pour l'année en cours. La demande chinoise d'acier devrait à nouveau reculer, a précisé Jinkui Zhao, secrétaire général adjoint, lors de ce même événement.
Parallèlement, la CMRG a lancé le mois dernier une nouvelle campagne de pression contre le producteur Fortescue, après avoir mené une offensive prolongée contre BHP plus tôt cette année.



















