Morgan Stanley juge que le Mexique a une fenêtre d'opportunité dans les émergents
Morgan Stanley Investment Management remet le Mexique au centre de la carte des marchés émergents, mais l'argument avancé par le gérant dépasse le simple thème du nearshoring. Dans une note publiée par son équipe actions émergentes, la banque estime que la proximité avec les Etats-Unis reste un avantage structurel, mais que le potentiel du pays dépend désormais davantage de la capacité de Claudia Sheinbaum à relancer la croissance domestique et l'investissement privé.
Publié le 15/05/2026 à 20:02
Dans ce contexte, le prochain rendez-vous important sera la renégociation de l'accord Etats-Unis-Mexique-Canada, prévue en juillet 2026. Les discussions portent notamment sur les règles d'origine, l'alignement tarifaire et les minerais critiques. Une clarification du cadre commercial pourrait libérer une partie des projets différés, même si les sujets liés au contenu local, au droit du travail et à la politique énergétique restent sensibles.
Pour Morgan Stanley, le principal frein vient toutefois de l'intérieur, puisque l'économie mexicaine a stagné en 2025 et l'investissement a reculé de 8%. Cette faiblesse s'inscrit dans un contexte marqué par un déficit budgétaire de 5% du PIB, au plus haut depuis quarante ans, et par les réformes institutionnelles engagées sous Andrés Manuel Lopez Obrador. Les changements dans le système judiciaire ont notamment ravivé les inquiétudes sur l'indépendance des tribunaux, l'exécution des contrats et la protection des droits de propriété.
Avec son "Plan Mexico", Claudia Sheinbaum tente de modifier cette trajectoire en portant l'investissement à 28% du PIB, contre 22% en 2025, grâce à des partenariats public-privé, des infrastructures ciblées et la création de 1,5 million d'emplois formels. Morgan Stanley considère surtout le plan comme un signal politique favorable à l'investissement privé. L'objectif est de lever des blocages anciens dans l'énergie et les infrastructures, deux conditions essentielles pour monter dans la chaîne de valeur manufacturière et améliorer la productivité.
La suite dépendra donc de la capacité de Sheinbaum, encore soutenue par des taux d'approbation proches de 70% selon Morgan Stanley, à s'éloigner plus nettement de l'approche de son prédécesseur et à faire avancer des réformes axées sur l'offre. Si cet agenda se concrétise, le Mexique pourrait ne plus être seulement le premier partenaire commercial des Etats-Unis, mais une véritable histoire de croissance domestique au sein des marchés émergents.























