Paris (awp/afp) - Les marchés sont sceptiques jeudi quant à une fin rapide de la guerre au Moyen-Orient, entre déclarations contradictoires de Washington et Téhéran, et remontée des prix du pétrole.

Vers 09H15, le Brent de la mer du Nord, considéré comme la référence mondiale du brut, prenait 2,48% à 104,76 dollars le baril. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 2,91% à 92,95 dollars le baril.

"Plusieurs facteurs expliquent cette hausse, mais l'un des principaux est que l'Iran continue de rejeter les messages des États-Unis concernant un éventuel accord, ce qui soulève des doutes quant à l'existence d'une issue rapide au conflit dans les prochains jours", commente Jim Reid, économiste de la Deutsche Bank.

Donald Trump a assuré que Téhéran, malgré ses dénégations, participe bien à des pourparlers et veut un accord pour mettre fin à la guerre.

"Ils négocient, et ils veulent absolument conclure un accord, mais ils ont peur de le dire" par crainte de "se faire tuer par les leurs", a affirmé le président américain mercredi soir devant un parterre de parlementaires républicains à Washington.

Une proposition américaine pour faire taire les armes, qui, selon des médias américains et israéliens, contient quinze points, a été transmise à l'Iran par Islamabad, en bons termes avec les deux pays, selon deux hauts responsables pakistanais.

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a maintenu que l'Iran n'a "pas l'intention de négocier" et compte "continuer à résister".

"Les signaux contradictoires entre Washington et Téhéran entretiennent une forte incertitude, avec des négociations évoquées d'un côté... et rejetées de l'autre", relève John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank.

"Les marchés deviennent donc de plus en plus sceptiques face aux annonces positives provenant du côté américain, car des signaux similaires ne viennent pas de l'Iran", explique Jim Reid.

Les Bourses prudentes

"L'attention du marché se tourne désormais vers l'échéance du délai de cinq jours fixé par Trump lundi", note l'économiste.

Donald Trump avait annoncé en début de semaine le report de cinq jours - jusqu'à la fin de la semaine boursière - de son dernier ultimatum contre Téhéran (des frappes contre les centrales électriques iraniennes en cas de maintien du blocage du stratégique détroit d'Ormuz). "Il reste désormais un peu plus de 48 heures", souligne M. Reid.

Habituellement, environ 20% de la production mondiale de pétrole et gaz transite par cet étroit passage, dont le blocage a fait flamber les prix de l'énergie ces dernières semaines.

"Les investisseurs tentent d'anticiper la fin de la guerre (...) mais les risques restent élevés", estime Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

"Personne ne peut actuellement dire avec certitude à quel point les négociations avancent ni quelle est la probabilité d'un accord", note Jochen Stanzl, chez CMC Markets.

Et "là où règne l'incertitude, les baisses des marchés boursiers ne sont souvent pas loin", poursuit-il.

En Europe, dans les premiers échanges, la Bourse de Paris perdait 0,41%, Francfort 0,81%, Londres 0,59% et Milan 0,47%. Vers 9h35, Zurich se délestait de 0,37%.

La séance "en Asie a offert un dur retour à la réalité, les marchés asiatiques inversant l'optimisme fragile de mercredi alors que les tensions géopolitiques s'intensifiaient et que les prix du pétrole reprenaient leur hausse", résument les analystes de Natixis.

En Asie, le Nikkei de Tokyo a clôturé en repli de 0,27%. L'indice Kospi à Séoul a dévissé de 3,22%.

L'indice composite de Shanghai a cédé 1,09%, et l'indice Hang Seng de Hong Kong reculait de 2,02% dans les derniers échanges.

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