Paris (awp/afp) - Les marchés boursiers mondiaux optent majoritairement pour la prudence mardi, un oeil sur la situation contrastée au Moyen-Orient, l'autre sur les résultats trimestriels des entreprises cotées.
Par ses hésitations, le marché reflétait l'impact des tendances contradictoires qui traversent les économies: espoirs de paix au Proche-Orient, baisse des prix du pétrole, attentisme des Banques centrales face à l'inflation, performances sectorielles des entreprises.
En Europe, à Paris, le CAC 40 (+0,59%) était tiraillé entre les éclaircies géopolitiques (baisse du pétrole), et la contre-performance du géant français du luxe LVMH au premier trimestre, touché par le conflit au Moyen-Orient, grand marché pour ses produits.
Le titre perdait 2,28% à 470,75 euros, dans un mouvement de vente sanctionnant un chiffre d'affaires en repli de 6% au premier trimestre. Au contraire, le titre du géant publicitaire Publicis prenait 1,12%, après avoir confirmé mardi ses objectifs annuels.
Londres maintenait l'équilibre entre les gains et les pertes (+0,01%) avec le recul limité des deux géants du pétrole BP (-0,36%) et Shell (-0,95%), qui encaissent chaque jour de façon mécanique les variations des prix du baril, tout comme TotalEnergies (-0,28%).
Francfort était le seul indice à avancer nettement (+0,95%). "D'un côté, l'industrie allemande souffre de la flambée des prix de l'énergie, de l'autre, les actions suivent les tendances haussières venues des États-Unis", décrypte Andreas Lipkow, analyste de CMC markets.
A l'orée de la saison des résultats, la résilience est en effet de mise à Wall Street sur fond d'espoirs de nouvelles négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.
"Le S&P 500 a récupéré l'intégralité de ses pertes depuis le début de la guerre, le 28 février, après avoir encore gagné 1% hier lundi pour clôturer au-dessus du cours de clôture du 27 février, avant que les tirs ne commencent entre les États-Unis et l'Iran", résume Neil Wilson, analyste pour la plate-forme d'investissements Saxo Markets.
A New York, le contrat à terme sur le Dow Jones affichait mardi une position à l'équilibre à 11h30 GMT deux heures avant l'ouverture. Le S&P500 (+0,19%) et le Nasdaq (+0,44%) étaient d'humeur légèrement haussière.
Le baril en-dessous des 100 dollars
Les cours du pétrole sont en baisse mardi, le marché semblant croire en partie à une désescalade du conflit au Moyen-Orient après de nouvelles déclarations de Donald Trump affirmant que le camp iranien l'avait appelé.
Le Brent de la mer du Nord, référence mondiale, cédait 0,40% à 98.96 dollars, tandis que le WTI, son équivalent américain, cédait 1,73% à 97,37 dollars.
"La balle est dans le camp" des Iraniens, a déclaré lundi le vice-président américain, JD Vance, laissant la porte ouverte aux négociations au lendemain de l'échec ce weekend des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran au Pakistan.
Dans ce contexte incertain, les analystes et les marchés sont-ils "trop optimistes au début de la saison des résultats ?", s'interroge Alexandre Baradez, responsable des analyses de marché pour la plateforme de trading IG France.
"Sur les actions, le rebond a été mené par les secteurs cycliques (industriels, consommation discrétionnaire, banques), les plus affectés durant le conflit", détaille le groupe de gestions d'actifs Tikehau Capital.
"Le secteur de l'énergie, après une forte hausse liée à la crise iranienne (+23 %), ne s'est corrigé que de peu (-4,8%), témoignant de tensions persistantes sur le marché des matières premières", ajoutent les experts de Tikehau.
Optimisme prudent sur les taux
L'optimisme prudent se manifeste aussi sur le marché obligataire, le marché des obligations émises par les entreprises et les Etats pour financer leur dette.
Les taux d'intérêts attachés aux titres de créance pointaient à la hausse depuis le début du conflit, anticipant l'inflation et la hausse des taux directeurs par les Banques centrales pour contenir la masse monétaire et la hausse des prix.
En Europe, le rendement du "Bund" allemand sur dix ans reculait à 3,06% contre 3,09% la veille, et son équivalent français suivait le même mouvement baissier (3,71% contre 3,75%).
"La Banque centrale européenne (BCE) ne cède pas aux sirènes du marché et ne semble pas disposée pour l'instant à augmenter les taux pour contrer les pressions inflationnistes", espère Christopher Dembik (banque privée Pictet) qui n'envisage aucun mouvement de taux avant l'été.
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