Washington (awp/afp) - Les Bourses mondiales ont clôturé en hausse mercredi, sensibles au recul des cours du pétrole et aux perspectives d'avancées diplomatiques pour une trêve au Moyen-Orient, sans pour autant s'enflammer.
A New York, le Dow Jones a pris 0,66%, le Nasdaq a avancé de 0,77% et l'indice élargi S&P 500 a gagné 0,54%.
En Europe, la Bourse de Paris a progressé de 1,33%, Francfort a gagné 1,41%, Londres 1,42% et Milan 1,48%. A Zurich, le SMI a fini en hausse de 1,62%.
"Les investisseurs s'accrochent vraiment à la moindre nouvelle encourageante en ce moment", juge auprès de l'AFP Jack Ablin, de Cresset.
La porte-parole de l'exécutif américain a assuré mercredi que les discussions "continuent" avec l'Iran, les jugeant même "productives".
Karoline Leavitt a toutefois ajouté que Donald Trump était prêt à "déchaîner l'enfer" sur l'Iran si aucun accord n'était trouvé.
Même les démentis répétés de Téhéran sur l'existence de ces pourparlers - le pays a assuré n'avoir "pas l'intention de négocier" - n'ont pas complètement érodé l'optimisme des opérateurs boursiers.
Tout au long de la journée, les Bourses ont été à l'écoute d'informations qui leur font prendre depuis une semaine des directions contradictoires, tantôt à la baisse, tantôt en rebond.
Mais le véritable juge de paix s'est à nouveau révélé être le marché pétrolier.
Le baril de Brent, référence internationale pour l'or noir, a perdu 2,17% à 102,22 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate a lui reculé de 2,20% à 90,32 dollars.
Les spécialistes de l'or noir ont retenu que l'Iran a affirmé offrir un "passage sûr" aux "navires non hostiles" qui souhaiteraient naviguer dans le détroit d'Ormuz, passage vital pour les exportations d'hydrocarbures du Golfe.
La flambée du brut provoquée par le conflit au Moyen-Orient a répandu la peur mondiale d'une spirale négative: inflation, resserrement monétaire, baisse de l'activité...
Tout répit sur ce plan est donc positivement perçu par les investisseurs boursiers.
- "Nombreuses rumeurs et spéculations" -
Les taux obligataires reculent, "signe que les observateurs du marché obligataire perçoivent bel et bien des progrès dans les relations internationales, puisqu'ils révisent à la baisse leurs anticipations d'inflation", note Jose Torres, d'Interactive Brokers.
Le rendement de l'emprunt allemand à échéance 10 ans (Bund), qui fait référence en Europe, s'établissait à 2,97% à 20H45 GMT, contre 3,03% la veille à la clôture.
Son équivalent français affichait un rendement à 3,66% contre 3,76% mardi en clôture. Hors UE, le britannique s'affichait à 4,84% contre 4,96% mardi soir.
Aux Etats-Unis, le taux des bons du Trésor à 10 ans s'affichait 4,33% contre 4,36% la veille.
Les coûts d'emprunt des Etats restent toutefois bien supérieurs aux niveaux auxquels ils évoluaient avant le début du conflit, il y a près de quatre semaines.
La situation au Moyen-Orient "demeure incertaine et alimentée par de nombreuses rumeurs et spéculations", souligne Andreas Lipkow pour CMC Markets.
"Le sentiment des investisseurs s'améliore prudemment grâce à l'espoir, mais les fondamentaux (les bases économiques réelles, NDLR) ont été affectés après près d'un mois de combats au Moyen-Orient et de perturbations autour du détroit stratégique d'Ormuz", observe Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote.
Signe que les tensions restent vives, le dollar continue sa progression mercredi.
Vers 20H50 GMT, la devise américaine reprenait 0,43% à la monnaie unique européenne, à 1,1558 dollar pour un euro, et avançait de 0,37% par rapport à la livre sterling, à 1,3361 dollar.
Le dollar, valeur refuge par excellence, profite d'une "prime de guerre", selon Marc Chandler, de Bannockburn Capital Markets.
"Une fois la situation clarifiée, le mouvement de correction pourrait être rapide", ajoute l'analyste.
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