Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a laissé entendre mercredi qu'il était opposé à toute implication des forces de sécurité turques dans la bande de Gaza dans le cadre d'une mission de surveillance d'un cessez-le-feu soutenu par les États-Unis avec le groupe militant palestinien Hamas.

Intervenant à Jérusalem aux côtés du vice-président américain JD Vance, en visite officielle, Netanyahu a indiqué que les discussions avaient porté sur « l'après-guerre » à Gaza, y compris sur les acteurs susceptibles d'assurer la sécurité dans ce territoire ravagé par deux années de conflit.

JD Vance, qui avait affirmé mardi que le plan de cessez-le-feu du président américain Donald Trump progressait mieux que prévu, a réitéré son optimisme. « Je n'ai jamais dit que ce serait facile. Mais je reste optimiste sur le fait que le cessez-le-feu tiendra et que nous pouvons réellement construire un avenir meilleur pour l'ensemble du Moyen-Orient », a-t-il déclaré.

Alors que le cessez-le-feu, encore fragile, dure depuis douze jours, l'attention se porte désormais sur la deuxième phase du plan Trump pour Gaza.

Ce plan prévoit le désarmement du Hamas et la mise en place d'un comité palestinien supervisé par la communauté internationale pour administrer Gaza, avec le soutien d'une force internationale épaulant une police palestinienne sélectionnée.

JD Vance fait partie des hauts responsables américains à s'être rendus en Israël depuis que Donald Trump, réélu président des États-Unis et investi le 20 janvier 2025, a déclaré la fin de la guerre à Gaza devant le parlement israélien la semaine dernière. Dans le cadre d'une autre visite de haut niveau, le secrétaire d'État Marco Rubio doit arriver jeudi et rencontrer Netanyahu vendredi, selon un porte-parole du gouvernement israélien.

Un haut responsable américain a précisé que les visites de Vance, Rubio, de l'émissaire spécial Steve Witkoff et de Jared Kushner, gendre de Trump, cette semaine visaient à maintenir la dynamique du cessez-le-feu.

NETANYAHU AFFIRME AVOIR DES « OPINIONS TRÈS ARRÊTÉES » SUR LE RÔLE DE LA TURQUIE À GAZA

Interrogé sur la possibilité d'une présence des forces de sécurité turques à Gaza, Netanyahu a répondu : « J'ai des opinions très arrêtées à ce sujet. Vous voulez deviner lesquelles ? »

Le ministère turc des Affaires étrangères n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire, tandis que le ministère de la Défense a décliné toute réaction sur ce dossier.

JD Vance a souligné mardi qu'un « rôle constructif » attendait la Turquie, mais que Washington n'imposerait rien à Israël concernant la présence de troupes étrangères « sur leur sol ».

Autrefois chaleureuses, les relations entre la Turquie, membre de l'OTAN, et Israël ont atteint de nouveaux bas depuis le début de la guerre à Gaza. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué les attaques israéliennes dans l'enclave et ailleurs dans la région, tandis que la Syrie, voisine des deux pays, est devenue le théâtre d'une rivalité croissante.

La Turquie, qui a contribué à convaincre le Hamas d'accepter le plan Trump, a déclaré être prête à participer à la force internationale chargée de surveiller la mise en oeuvre du cessez-le-feu, précisant que ses forces armées pourraient intervenir à titre militaire ou civil selon les besoins.

Le Hamas a résisté aux pressions en faveur de son désarmement, affirmant qu'il était prêt à remettre ses armes à un futur État palestinien.

JD Vance a estimé : « Nous avons devant nous une tâche très, très difficile : désarmer le Hamas, mais aussi reconstruire Gaza pour améliorer la vie de sa population, tout en veillant à ce que le Hamas ne soit plus une menace pour nos amis en Israël. »

INHUMATIONS DE CORPS À GAZA

Le cessez-le-feu a été suivi par la libération des derniers otages vivants capturés lors des attaques du Hamas du 7 octobre 2023 contre Israël, ainsi que par la libération d'environ 2 000 prisonniers palestiniens par Israël.

Mais la trêve demeure fragile, marquée par des accès de violence et des tensions autour du retour des dépouilles d'otages, de l'acheminement de l'aide et de l'ouverture des frontières.

Depuis le cessez-le-feu, le Hamas a réaffirmé son contrôle sur Gaza en déployant des hommes armés dans les rues et en réprimant les groupes contestant son autorité.

Les autorités sanitaires de Gaza ont rapporté qu'un Palestinien a été tué par des tirs israéliens à Gaza-ville. L'armée israélienne a indiqué qu'elle enquêtait sur ce signalement.

Les autorités de Gaza ont procédé à l'inhumation de 54 corps non identifiés remis par Israël, selon le bureau des médias du gouvernement gazaoui. Des médecins ont précisé que 30 autres corps ont été transférés à l'hôpital Nasser de Khan Younès après avoir été restitués par Israël.

Les autorités israéliennes affirment que ces 54 corps appartiennent à des combattants ayant participé à l'attaque du 7 octobre ou ayant été tués lors de combats avec les forces israéliennes à Gaza durant la guerre.

Le Hamas a pour sa part remis les corps de 15 des 28 otages décédés capturés en 2023. JD Vance a expliqué mardi que certains des corps restants étaient ensevelis sous les décombres, précisant que leur récupération prendrait « un peu de temps » et appelant à la patience.

Depuis le début du cessez-le-feu, les forces israéliennes ont tué au moins 88 Palestiniens, dont des civils, selon le ministère de la Santé de Gaza. Deux soldats israéliens ont également été tués par des militants palestiniens dans le sud de Gaza ce week-end.

L'attaque du Hamas contre Israël, déclencheur de la guerre, a fait environ 1 200 morts selon les autorités israéliennes, avec 251 personnes enlevées et emmenées à Gaza comme otages. Les attaques israéliennes ont causé la mort de plus de 68 000 Palestiniens à Gaza depuis le début du conflit, d'après le ministère gazaoui de la Santé.