Un tribunal nigérian a condamné quatre hommes à la peine de mort par pendaison après les avoir reconnus coupables de l'attaque perpétrée en 2022 contre une église catholique à Owo, dans l'Etat d'Ondo (sud-ouest), qui avait fait des dizaines de victimes, a déclaré mercredi un juge.

Ce verdict sera perçu comme un test de la capacité du Nigeria à mener à bien des poursuites dans des affaires de terrorisme, alors que le pays est aux prises avec des insurrections et une insécurité généralisée.

Le juge Emeka Nwite a prononcé les sentences après avoir déclaré les accusés coupables de neuf chefs d'accusation, notamment de prise d'otages, d'enlèvement, de financement du terrorisme et de détonation d'explosifs ayant entraîné la mort et des blessures.

Les quatre hommes - Idris Abdulmalik Omeiza, Al Qasim Idris, Jamiu Abdulmalik et Abdulhaleem Idris - ont été reconnus coupables de multiples chefs d'accusation. Un cinquième accusé a été acquitté faute de preuves suffisantes, selon le compte-rendu de l'audience.

Les prévenus avaient plaidé non coupables au début du procès.

Cet assaut figure parmi les attaques les plus meurtrières visant un lieu de culte au Nigeria.

Outre les condamnations à mort, les quatre individus se sont vu infliger des peines symboliques de réclusion à perpétuité pour appartenance à une organisation terroriste, ainsi que 20 ans de prison chacun pour complot.

Selon les documents judiciaires, les hommes auraient rejoint le groupe militant d'Afrique de l'Est al-Shabaab en 2021 et auraient planifié des attaques sur d'autres sites, notamment une école publique dans le centre du Nigeria et une zone proche d'une mosquée à environ 30 km d'Owo.

Al-Shabaab n'a pas revendiqué la responsabilité de l'attaque de l'église de juin 2022, et sa présence opérationnelle au Nigeria n'est toujours pas confirmée.

Les autorités avaient initialement mis en cause la Province d'Afrique de l'Ouest de l'Etat islamique (ISWAP) qui, aux côtés de Boko Haram, mène une insurrection prolongée dans le nord-est du Nigeria, bien qu'aucun de ces groupes n'ait revendiqué l'assaut.